Pour la direction de Bouygues Telecom, une consolidation ne viserait pas une hausse tarifaire, mais des synergies de coûts et une capacité d’investissement renforcée, notamment pour financer les infrastructures réseau, l’IA et la souveraineté numérique.
Invité ce 26 février sur BFM Business, Benoît Torloting, directeur général de Bouygues Telecom, est revenu sur l’hypothèse d’un rachat de SFR et sur les conséquences d’un passage de quatre à trois opérateurs en France. Complexité des discussions, impact sur les prix, investissements dans l’IA et la souveraineté numérique : le dirigeant assume une ligne claire, tout en reconnaissant l’incertitude du dossier : « C’est un sujet très complexe, mettre d’accord trois acheteurs vis-à-vis d’un vendeur, c’est déjà un facteur de complexité », a-t-il déclaré et d’ajouter qu’ à cela s’ajoutent les validations indispensables : « Il faut ensuite avoir l’accord du vendeur, il faut avoir l’accord des autorités de concurrence. Donc tout ceci est travaillé aujourd’hui, mais réellement l’issue est incertaine. » Dans ce contexte, l’opérateur assure rester concentré sur sa feuille de route à lui et le plan lancé fin 2024 à horizon 2030, dont « on voit les premiers résultats de l’année dernière qui sont plutôt très bons ».
La question centrale demeure celle des tarifs. Est-ce que on pourrait échapper une hausse de prix si on passe de quatre à trois acteurs ? “Les prix en France sont extrêmement compétitifs parmi les plus bas d’Europe, à la fois en mobile et en fixe, c’est une très bonne nouvelle pour nos consommateurs. Ça continuera d’être être le cas que l’on soit 4, 3 ou un autre nombre », assure l’opérateur, s’alignant sans surprise sur la position de Free.
Mais selon Bouygues Telecom, « le vrai driver économique, c’est une synergie de coût sur les éléments de réseau. » L’objectif ne serait donc pas une augmentation tarifaire, mais des économies d’échelle sur les infrastructures.
Il affirme par ailleurs qu’« un pays comme la France peut tout à fait fonctionner de bonne manière avec trois réseaux fixes et mobiles et non pas quatre. » Cette consolidation permettrait, selon lui, « aux acteurs d’aller à cran plus loin, même dans leurs investissements », notamment face aux nouvelles technologies et aux « nouveaux investissements qui sont devant nous ».
Selon lui, le développement massif de l’intelligence artificielle « va nécessiter des capacités accrues pour les réseaux télécoms et elle va nécessiter […] une couche de calcul. ». Par conséquent, « il va falloir investir dans cette dimension de calcul au plus près de l’utilisation. » Les opérateurs, estime-t-il, disposent déjà d’atouts avec des data centers sur l’ensemble du territoire pour aller proposer cette infrastructure de calcul. Mais ces investissements supposent des moyens financiers renforcés que n’ont pas vraiment les opérateurs lesquels sont “aujourd’hui sont trop nombreux et n’ont pas cette capacité finalement d’aller vraiment dans cette dimension d’investissement”, précise-t-il. Enfin, pour le dirigeant, une consolidation serait « réellement une opération bénéfique pour l’infrastructure numérique du pays », dans une vision technologique et de souveraineté. Il met toutefois en garde : « Sauf à souhaiter que ces capacités de calcul ne soient apportées que par des opérateurs anglo-saxons, il faut qu’on réfléchisse à ça. »
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