Fermeture du cuivre : l’Avicca accuse Orange de ralentir inutilement la transition vers la fibre

Fermeture du cuivre : l’Avicca accuse Orange de ralentir inutilement la transition vers la fibre

La fermeture du cuivre continue d’avancer en France avec la publication des futurs lots 6 et 7 par Orange. Mais pour l’Avicca, les communes sélectionnées ne reflètent pas suffisamment la réalité du terrain, au risque de retarder inutilement certaines zones déjà entièrement raccordées à la fibre.

Orange poursuit l’organisation de la fermeture du réseau cuivre en France. Dans une nouvelle mise à jour publiée le 16 avril 2026, l’opérateur historique a dévoilé la présélection des communes qui intégreront les lots 6 et 7 du plan de fermeture du cuivre. Une étape majeure puisque ces deux vagues doivent permettre d’achever la transition vers la fibre d’ici 2030. Mais du côté de l’Avicca, l’inquiétude grandit : l’association des collectivités engagées dans le numérique estime que les choix effectués risquent désormais de ralentir la bascule vers le très haut débit fixe.

Selon les nouvelles données publiées par Orange, 8 491 communes ont été présélectionnées pour le lot 6, soit près de 10,5 millions de locaux concernés. Le lot 7, censé être le dernier de la fermeture du réseau cuivre, regroupe quant à lui 5 967 communes représentant environ 9 millions de locaux.

Les fermetures commerciales prévues dans ces territoires s’échelonneraient entre fin 2026 et 2028, laissant ensuite place à l’arrêt technique définitif du réseau cuivre. Pour les collectivités concernées, cette visibilité supplémentaire permet d’anticiper la migration des habitants et entreprises vers la fibre optique.

Une trajectoire globalement cohérente… sur le papier

L’Avicca reconnaît que la répartition globale des communes entre les différents opérateurs d’infrastructure paraît cohérente avec les réseaux effectivement déployés. Orange reste logiquement l’opérateur couvrant le plus grand nombre de locaux concernés, avec plus de 3,7 millions de prises dans le lot 6 et 2 millions dans le lot 7.

L’association note également qu’Orange semble avoir pris en compte les difficultés persistantes dans les zones très denses (ZTD), où les déploiements fibre restent plus compliqués et plus lents. Une grande partie du travail restant dans ces territoires a ainsi été repoussée au dernier lot de fermeture. Mais pour l’Avicca, le problème se situe surtout ailleurs : dans les zones moyennement denses et les réseaux d’initiative publique (RIP).

Des territoires déjà fibrés relégués au dernier lot

L’association critique vivement le fait que de nombreuses communes déjà entièrement raccordables à la fibre soient malgré tout repoussées dans le dernier lot de fermeture prévu pour 2030.

Selon elle, Orange continue de privilégier un équilibre théorique entre opérateurs plutôt que la réalité du terrain et le niveau réel de complétude des réseaux fibre. « La fermeture du cuivre aurait pu être accélérée si l’effectivité de la complétude FttH avait été prise en considération », estime l’Avicca dans son communiqué.

L’association cite notamment plusieurs territoires où les réseaux fibre sont quasiment finalisés depuis longtemps, mais dont la fermeture du cuivre reste repoussée : la Loire-Atlantique, la Corrèze, la Seine-Maritime, la Saône-et-Loire, la Nièvre ou encore la Haute-Vienne. Pour les collectivités concernées, cette situation est difficile à comprendre alors que les infrastructures fibre existent déjà et sont pleinement opérationnelles.

L’Avicca redoute désormais qu’en repoussant progressivement une grande partie des communes vers les derniers lots, le calendrier global finisse par devenir difficile à tenir. L’association estime qu’un ralentissement a été préféré à une accélération pourtant rendue possible par l’avancement des réseaux fibre dans certains territoires. « Il est regrettable que s’agissant d’un plan dont les deux premières vagues de fermeture technique ont montré un quasi sans faute, le ralentissement ait été préféré à l’accélération », regrette l’organisation. Derrière cette critique se cache également une inquiétude plus large sur la stratégie d’Orange et sur la capacité du secteur à tenir l’objectif national de fermeture complète du cuivre d’ici la fin de la décennie.

Car même si les premières vagues de fermeture se déroulent jusqu’ici sans incident majeur, la dernière ligne droite s’annonce particulièrement complexe. Elle nécessitera non seulement des réseaux fibre totalement finalisés, mais aussi une migration massive des abonnés encore présents sur le cuivre.

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox