SFR prêt à céder plusieurs dizaines de réseaux de Covage pour sécuriser son acquisition

SFR prêt à céder plusieurs dizaines de réseaux de Covage pour sécuriser son acquisition

Altice veut sécuriser le rachat de Covage. Le groupe de Patrick Drahi tente ainsi d’apporter des garanties en matière de concurrence sur le marché professionnel. Il se montre prêt à céder une partie des activités.

Céder une partie des activités de Covage, voilà ce que pourrait exiger la Commission européenne avant de donner son feu pour le rachat du quatrième opérateur d’infrastructures en France. Et c’est justement ce que proposent le groupe Altice et sa filiale SFR FTTH pour boucler cette acquisition à 1 milliard d’euros.

Selon un document du cabinet-conseil de SFR que Les Echos ont pu consulter, Altice propose “de vendre l’activité de Covage sur 30 réseaux pour les entreprises construits par des villes mais exploités par Covage, ou inversement”. Le groupe s’engagerait également à vendre la participation de Covage dans 15 des 43 réseaux dédiés aux professionnels, mais aussi dans 10 sur 19 réseaux accueillant à la fois particuliers et professionnels. Une troisième proposition plus compliquée à mettre en oeuvre pour Ariel Turpin, directeur général de l’Avicca. “Dans un câble de fibre optique, il y a parfois 120 lignes, comment savoir celles qui vont aux entreprises et celles qui vont au grand public ?”, s’interroge-t-il.

Lâcher du lest permettrait à Altice de sécuriser une acquisition synonyme de nouveaux revenus locatifs et de nouveaux clients. Si elle se confirmait, la revente d’une partie des activités permettrait de générer une plus-value, car concernant un marché de la fibre optique où les prises disponibles se font de plus en plus rares au fur et à mesure du fibrage du pays.

Une crainte de monopole

Altice espérait avoir bouclé l’opération au premier semestre 2020, mais une enquête de la direction générale de la concurrence de la Commission européenne a été ouverte au sujet des répercussions sur le marché de la fibre entreprise, retardant ainsi le processus. Un volet concurrentiel loin d’être anodin sachant que les réseaux de Covage accueille quelque 200 opérateurs de détails. Les conclusions sont d’ailleurs attendues le 13 novembre, soit dans quelques jours.

Le noeud du problème serait la situation de position dominante dans laquelle se retrouverait SFR pour le déploiement de la fibre dans les zones peu denses (18 % du secteur pour SFR et 16 % pour Covage). Une position dominante laissant craindre un marché moins accessible aux petits opérateurs télécoms proposant des offres fibre optique entreprise, alors que celui-ci est déjà dominé par Orange et SFR. Un marche professionnel rentable, avec des professionnels payant plus cher et changeant moins souvent de prestataire.

Les opérateurs s’interrogent sur des complications pour l’accès aux infrastructures de Covage. D’autant plus que les tarifs de gros de SFR ne sont pas régulés comme avec Orange. Ils ont d’ailleurs augmenté de 2 à 9 % en début d’année. SFR se retrouvant sur les deux tableaux, il pourrait par ailleurs y avoir une porosité entre les deux filiales, avec une branche déploiement poussant vers la division commerciale.

Source : Les Echos