L’Arcep veut penser une 5G respecteuse de l’environnement en France et a déjà des exemples bien précis en tête

L’Arcep veut penser une 5G respecteuse de l’environnement en France et a déjà des exemples bien précis en tête

Sébastien Soriano, président de l’Arcep s’est exprimé au sujet de la 5G et des craintes portant sur l’arrivée de cette nouvelle génération de téléphonie mobile, notamment au niveau de l’impact environnemental.

“Construire les réseaux du futur comme un bien commun”, tel est le leitmotiv du gendarme des télécoms au sujet de la 5G. Des craintes émergent au sujet de cette nouvelle technologie, tant au niveau sanitaire que vis-à-vis de son impact sur l’environnement. Dans une interview pour la Gazette des communes, le président de l’Arcep s’est exprimé à ce sujet pour indiquer les problématiques autour de la 5G, mais aussi la stratégie mise en place.

Des réseaux mobiles moins énergivores

Les craintes concernant la 5G sont nombreuses, avec des réactions violentes observées Outre-Manche par exemple où des pylônes ont été incendiés par des adeptes de la théorie du complot liant 5G et Coronavirus. Sébastien Soriano comprend ces réactions et ne veut pas “mépriser l’angoisse qui s’exprime” sur le sujet. Il existe de nombreuses problématiques concernant les réseaux mobiles et si, pour ce qui est des questions sanitaires, c’est plus le rôle de l’ANFR et de l’Anses, le gendarme des télécoms quant à lui a mis la problématique environnementale “au dessus de la pile“.

Il est important pour nous (l’Arcep ; NDLR) de nous assurer que le secteur s’inscrit dans une modération environnementale” explique Sébastien Soriano , tout en indiquant la nécessité de sortir des simples postures sur ce sujet. L’occasion pour lui également de saluer le débat lancé par divers acteurs environnementaux, comme il l’avait fait lors du rejet d’un recours déposé par deux ONG auprès du conseil d’Etat portant sur l’impact environnemental de la 5G.

Concernant l’évolution des réseaux mobiles du point de vue de leurs effets sur l’environnement, Sébastien Soriano explique que les réseaux mobiles (y compris la 5G) sont en pleine évolution et vont devenir plus virtuels. Via différents éléments comme le edge cloud (utilisation de serveurs pour héberger les données au plus près des antennes et des utilisateurs) ou le network slicing qui permettra au réseau de supporter plusieurs types d’usage, la 5G permettra de faire ” discuter de manière efficace, à la fois en terme de gestion des infrastructures, mais aussi des dépenses énergétiques. ” les réseaux mobiles.

Plus concrètement encore, “les antennes vont devenir des antennes actives” explique Sébastien Soriano, permettant de limiter les émissions aux zones nécessaires. Et le gendarme des télécoms veut également développer de nouvelles pratiques avec les opérateurs, notamment en vérifiant si certaines des obligations mises en place par celui-ci n’entrent pas en contradiction avec cette volonté écologique, en poussant les opérateurs à consommer plus d’énergie que nécessaire.

Pour cela, ” l’Arcep a ajouté un volet environnemental à son outil de collecte d’informations auprès des opérateurs télécoms. L’idée est d’avoir des données précises sur chaque opérateur, des réseaux jusqu’à la box, sur le fixe comme sur le mobile ” explique son président. Les premières informations seront obtenues d’ici l’automne prochain. Le régulateur veut également accroître sa collaboration avec l’Agence de la Transition Écologique.

Les régulateurs de tous les secteurs ont déjà établi des outils pour répondre aux enjeux climatiques. Ils ont ainsi pour rôle de définir des règles incitatives, de recommandations ou de bonnes pratiques, mais aussi le suivi et le contrôle. Les régulateurs devront également fournir des données sur le risque climatiques et les impacts des activités sur le climat mais aussi prendre des décisions ou des avis pouvant contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique.

En somme, le débat sur l’impact de la 5G est sain, voir nécessaire pour le président de l’Arcep et les craintes sont légitimes. Le régulateur des télécoms veut ainsi réfléchir à une manière de mettre en place cette évolution des réseaux mobiles sans nécessairement prendre de risques pour l’environnement.