5G: le Conseil d’Etat rejette les recours déposés par deux ONG , l’Arcep réagit

5G: le Conseil d’Etat rejette les recours déposés par deux ONG , l’Arcep réagit

A l’aube des enchères 5G en avril, la nouvelle génération de téléphonie mobile fait débat en France. Le président de l’Arcep, Sébastien Soriano, veut rassurer les utilisateurs concernant son impact sur l’environnement et incite au dialogue.

Deux associations avaient porté un recours devant le Conseil d’Etat pour suspendre le processus d’attribution des fréquences 5G acté en décembre 2019. Les motivations tournaient surtout autour des présumés impacts sur la santé et sur l’environnement de la 5G. Le recours a finalement été rejeté, et le gendarme des télécoms a réagi, souhaitant calmer le jeu concernant ces inquiétudes.

Les associations déboutées, Sébastien Soriano tempère les inquiétudes

La volonté première des ONG, Agir pour l’Environnement et Priartem-Electrosensibles de France, était d’annuler l’arrêté publié fin décembre 2019 dans le Journal Officiel et officialisant le lancement de la procédure d’attribution des fréquences de la 5G en France. Les recours déposés en février dernier ont finalement été rejetés par le Conseil d’Etat, qui explique avoir “estimé qu’il n’y avait pas d’urgence justifiant la suspension des textes relatifs au déploiement de la 5G“.

Au vu de ce refus, Sébastien Soriano, président de l’Arcep, s’est exprimé concernant la 5G et les inquiétudes qui entourent son lancement. Il appelle au dialogue, considérant nécessaire “qu’il y ait une discussion collective pour faire de la 5G une technologie qui soit bonne pour les Français, qui respecte nos valeurs.“.

Face aux inquiétudes des deux ONG concernant l’impact de la nouvelle génération de réseau mobile sur l’environnement, le patron de l’Arcep estime que l’enjeu n’est pas d’interdire la technologie en elle-même. “ L’enjeu n’est pas d’être pour ou contre la technologie, ni d’opposer la 5G à la question environnementale, mais de construire les conditions pour que la technologie, qui est la plupart du temps neutre, se développe dans le sens que l’on veut. ” indique-t-il. Il estime également que, la 5G devant se déployer de manière progressive, “C’est le bon moment pour avoir ces discussions“.

Le président ne nie pas qu’il existe des pratiques “plus énergivores que d’autres” et donc plus nocives pour l’environnement. D’après lui, il faut questionner les pratiques, tant des opérateurs que des utilisateurs. ” On pourrait interroger la manière dont les opérateurs poussent ou non à l’achat de nouveaux téléphones, à certains comportements des plateformes de streaming comme la fonctionnalité de lecture continue (autoplay) de Netflix ” indique-t-il. Côté utilisateurs, il prône l’information et la sensibilisation à ces pratiques. Par exemple, les opérateurs devront déterminer une manière adéquate d’informer leurs abonnés de l’impact de leur consommation sur l’environnement d’ici 2022.*

De plus, d’après le gendarme des télécoms, la 5G pourrait également avoir ” certains usages aux conséquences positives pour l’environnement, qui vont permettre par exemple d’économiser un certain nombre de déplacements. “.

En somme, pour le régulateur, les questionnements autour du déploiement de la 5G doivent être faits. Cependant, il ne faut pas être prompt à condamner la technologie d’office, et réfléchir collectivement à son impact et à sa mise en place. “La clé, c’est de savoir ce qu’on veut en faire

Source : AFP