Le Coronavirus met un sérieux coup d’arrêt au déploiement de la fibre en France, risque d’un zéro pointé au deuxième trimestre

Le Coronavirus met un sérieux coup d’arrêt au déploiement de la fibre en France, risque d’un zéro pointé au deuxième trimestre

La pandémie de Coronavirus et les restrictions liées provoquent de multiples blocages dans le Plan France très haut débit. Le déploiement de la fibre dans l’hexagone est au ralenti et même à l’arrêt dans certaines zones.

La crise sanitaire va t-elle remettre en cause les objectifs du plan THD, à savoir apporter la fibre à 80% des foyers français d’ici 2022 ? S’il est encore trop tôt pour le dire, les déploiements sont à l’heure actuelle quasi-figés, un retard non évalué pour le moment est donc à prévoir. « C’est de plus en plus difficile de travailler, indique dans les lignes des Echos Etienne Dugas, le président d’Infranum. Pour la fédération des industriels du secteur, “le risque aujourd’hui est qu’il n’y ait aucune nouvelle prise installée au deuxième trimestre ». Après avoir déployé 4,8 millions de prises en 2019 et s’être montré très rassurant sur sa capacité à tenir les objectifs en continuant à ce rythme, le secteur subit donc actuellement de plein fouet la crise sanitaire.

Les raisons de ce coup d’arrêt

Premiers impactés par les mesures de restriction d’activité, les sous-traitants qui creusent les tranchées, tirent et posent les câbles de fibre optique, sont pour beaucoup d’entre eux à l’arrêt. “Le déploiement de la fibre optique repose sur une multitude de TPE, qui n’ont qu’une à deux semaines de trésorerie. Elles ont intérêt à tout fermer. Même si les chantiers publics ne sont pas officiellement arrêtés, c’est compliqué de continuer. Les magasins de matériel comme Point P sont fermés par exemple  » explique Etienne Dugas.

Autre blocage, certaines collectivités ont pris la décision d’interdire tout déploiement FTTH pour le moment, des techniciens sont même contrôlés et parfois renvoyés au bercail par la police. Infranum note aussi un manque crucial de masques et la difficulté à maintenir un mètre de distance entre les techniciens, bien souvent à plusieurs dans un véhicule. L’accès aux poteaux d’Enedis en cas de pose de fibre en aérien est également bloqué, sans oublier que les grands opérateurs ont pour seule priorité dans ce contexte d’assurer la connexion internet des abonnés en privilégiant la maintenance et la supervision des réseaux. Chez Free par exemple, les techniciens interviennent  seulement en cas d’absence de service.

Fin décembre, 18,4 millions de prises sur 30 millions prévues en 2022 ont été déployées dans l’hexagone, un nouveau défi de taille s’annonce donc pour le secteur prochainement afin de tenir les délais.