L’Assemblée nationale veut rendre plus visibles les plateformes françaises sur les box des opérateurs

L’Assemblée nationale veut rendre plus visibles les plateformes françaises sur les box des opérateurs

L’Assemblée nationale s’est penchée sur la configuration des interfaces de box des opérateurs et juge surprenant que certaines plateformes françaises “soient mieux distribuées par des géants américains” que par Orange, Free, SFR et Bouygues.

La commission des affaires culturelles du Parlement a rendu hier son compte rendu d’une mission flash pour se pencher sur la possible sur-représentation des plateformes américaines sur les téléviseurs connectés ou les box d’opérateurs. La volonté de mettre plus en avant les éditeurs “d’intérêt général” tant du service public que privés est clairement défendue, d’autant plus sur les box des opérateurs.

Michèle Victory, députée de l’Ardèche et l’une des rapporteure du texte, explique ainsi “que certains opérateurs aujourd’hui faisaient obstacles à la distribution sur leurs box de certaines offres françaises qui semblent devoir être soutenues“. On connaît par exemple le positionnement de Free vis-à-vis de la plateforme Salto, ayant fait l’objet d’un recours en justice de la part de l’opérateur lors de sa création, mais d’autres plateformes semblent également lésées. En citant notamment le service de SVOD, mais également la plateforme OTT Molotov, l’une des députée en charge de cette mission flash déplore ainsi avoir “le sentiment qu’ils sont mieux distribués par les géants américains notamment que par les opérateurs“.

Sans omettre les aléas contractuels et les négociations qui peuvent être difficiles, la commission estime alors souhaitable “pour l’ensemble de la chaîne de création que les éditeurs français trouvent un accueil plus favorable” sur les box télécoms. Il est par exemple suggéré de les mettre plus en avant sur les pages d’accueil, avec également une identification claire de l’éditeur pour chaque contenu mis en avant. Dans le cas des éditeurs proposant des programmes jugés “d’intérêt général”, offrant par exemple une visibilité à une diversité d’opinions à la télévision, cette mise en avant est jugée “indispensable“. Un enjeu clé puisque, selon Sophie Mette, députée de la Gironde et autre rapporteure, les éditeurs perdent 70% des utilisateurs lorsqu’il faut faire défiler son interface pour les retrouver.

Cependant, les opérateurs ne sont pas les seuls à devoir se mettre en action. Dans le cadre de ces accords devant être signés entre distributeurs et éditeurs, la commission pousse également les différents acteurs du milieu à agir ensemble pour y apporter plus de poids.

Si la situation ne se débloque pas, certaines mesures devraient alors permettre une meilleure information des utilisateurs. Notamment sur les offres proposées, ainsi que leur profondeur : “les abonnés sont en droit de savoir en souscrivant à une offre d’opérateur si ils auront bien accès à 100% du catalogue de FTV ou Arte par exemple“. La tendance dans ce rapport est donc à la transparence, tant sur l’interface que dans les offres commercialisées.

D’autres solutions peuvent également être trouvées à travers de nouvelles normes. Il est par exemple fait mention de l’HbbTV, cette technologie expérimentée récemment par Salto et Arte.TV permettant aux chaînes de proposer leurs plateformes via la TNT et au sein d’un plan de numérotation de la télévision linéaire. Son développement pourrait, selon la commission, “redonner un pouvoir de négociation aux acteurs nationaux et régionaux“.

La commission reconnaît cependant que face à l’arrivée massive d’appareils connectés comme les Smart TV , les boîtiers OTT ou encore des consoles de jeux permettant d’accéder aux plateformes, le fait que les opérateurs soient “assujettis à des règles qui préservent les éditeurs nationaux” a pu limiter les pertes pour ces derniers.