Augmentation non sollicitée du prix des forfaits : 63% des abonnés Red by SFR concernés et 40% chez Bouygues Telecom

Augmentation non sollicitée du prix des forfaits : 63% des abonnés Red by SFR concernés et 40% chez Bouygues Telecom

Les vagues d’augmentations automatiques de tarifs concernent des millions d’abonnés chez SFR et sa filiale mais aussi chez Bouygues Telecom.

La pratique est connu, dérangeante pour beaucoup mais pour le moins légale. Depuis plusieurs années, SFR et Bouygues Telecom augmente progressivement le prix du forfait de certains de leur abonnés en l’échange d’un enrichissement des données incluse dans leur offre ou par exemple en ajoutant la 5G.

Si les petits forfaits à 5€ canardés en pleine guerre des prix ont été les premiers concernés suscitant la polémique car vendus comme “garantis à vie”, aujourd’hui d’autres offres au tarif plus élevé sont aussi assujettis à ce type de changement, même lors l’enveloppe de data est conséquente. Souvent, les clients concernés ont la possibilité de refuser l’enrichissement via un lien reçu dans un mail d’information, à condition de l’avoir lu. Parfois c’est la douche froide, car il n’est pas permis de refuser, reste alors la résiliation dans les 4 mois.

Si ces pratiques sont largement relayées dans les médias et leur légalité vérifiable sur la plateforme SignalConso de la Répression des fraudes, son ampleur restait à constater. C’est désormais le cas grâce à une nouvelle enquête de 60 Millions de consommateurs menée en septembre dernier auprès de 2000 abonnés des FAI et opérateurs mobiles. “Ces modifications d’offres non sollicitées ont concerné 27% des clients des FAI et 31 % de ceux des opérateurs mobiles au cours des douze mois précédent l’enquête. Elles sont très fréquentes chez Red bySFR, 63% de ses abonnés mobiles nous déclarent en avoir subi“, révèle l’association. Et pas moins de 45% des clients SFR et 40% du côté de Bouygues Telecom (40 %). Une manière pour les opérateurs d’augmenter progressivement leur revenu moyen par abonné après une guerre des prix intense initiée en 2018. Si Orange s’est aussi laissé tenté par cette manière de faire, Free reste pour l’instant à l’écart.

En 2020, Benoît Torloting désormais nouveau directeur général de Bouygues Telecom, a justifié la pratique par le besoin d’investissements nécessaire pour proposer le meilleur service possible. ” A présent, nous pouvons effectivement être amenés à dire “pour avoir plus, il faut payer un petit peu plus cher”. Et d’ajouter : “Nous vous proposons un bon deal. Nous allons vous ajouter telle chose dans votre offre, qui vaut normalement tel prix dans le catalogue, et que vous allez avoir à un prix plus bas. Mais si vous n’en voulez pas, vous ne le prenez pas.”

Plus récemment, en octobre 2021, Richard Veil, président l’opérateur a déclaré que l’évolution des usages du réseau mobile pourront être “multipliés par quatre”, considérant “normal” que les prix tendent à augmenter. La marotte de l’opérateur ne sera pas finie de si tôt.

Par ailleurs, 60 Millions de consommateurs note  que “30 % des clients des opérateurs mobiles et 44 % de ceux des FAI ont bénéficié d’une promotion lors de leur souscription, surtout ceux chez Bouygues et SFR”.

Le Cactus d’or de la pire pratique à SFR

Depuis 2017, les Cactus de la consommation récompensent chaque année les entreprises qui se distinguent par des pratiques contestables à l’encontre des consommateurs. Et pour ces augmentations de tarifs en douce, 60 Millions de consommateurs décerne cette année le Cactus d’Or de la pire pratique à SFR.