Canal+ fait son mea culpa sur ses mauvais résultats en France et confirme la suppression de 492 postes

Canal+ fait son mea culpa sur ses mauvais résultats en France et confirme la suppression de 492 postes

Les activités du groupe Canal+ en France vont mal, difficile de résister face à Netflix, Amazon etc. La filiale de Vivendi a vu son portefeuille d’abonnés individuels fléchir sensiblement ces dernières années. Il lui faut donc réagir. Et c’est confirmé, l’heure est désormais à la réduction des coûts. Vont être supprimés 18 % des effectifs dans l’hexagone, soit 492 postes.

Un chiffre d’affaires pour la télévision en baisse de 3,4% en 2018, avec près de 300 000 abonnés ayant pris leurs jambes à leur cou la même année, et plus de 100 000 clients individuels partis voir ailleurs au premier trimestre 2019. Autant dire que les voyants sont au rouge pour la filiale de Vivendi, en difficulté sur un marché français où la concurrence est rude, cela ne devrait d’ailleurs pas s’arranger avec l’arrivée de Disney et d’Apple prochainement. Pourtant, Canal+ l’a vu venir et a bien tenté de se relancer avec une nouvelle politique commerciale fin 2017, en vain malgré des déclarations d’une direction bien trop souvent optimiste et éloignée de la réalité. C’est un état de fait, Canal+ n’a pas relancé la machine en France et doit aujourd’hui l’avouer : « Malgré la refonte commerciale, avec des offres à 20 euros, nous n’avons pas réussi à enrayer la chute des résultats", a déclaré Maxime Saada dans les lignes du Monde. Après avoir fait son mea culpa, le président du directoire de Canal+ a confirmé une information de presse publiée il y a quelques jours. « Nous avons présenté un projet de réorganisation qui va se concrétiser par la mise en place d’un plan de départ de volontaires. Il concernera 492 personnes ». Et d’ajouter qu’avec ce plan, "nous voulons préparer l’avenir face à des acteurs mondialisés et monothématiques, avec d’un côté des spécialistes des séries et du cinéma et, de l’autre, du sport ".

Dans le détail, plus de 50% de ces suppressions viseront le pôle édition en charge de la création des programmes. Seront affectés les chaînes payantes et gratuites, comme C8 hormis CNews sans oublier StudioCanal. Les premiers départs prendront place début 2020. En attendant des négociations avec les syndicats vont êtres menées jusqu’à la fin de l’année. Reste à savoir comment Canal+ va stopper l’hémorragie. Pour l’heure, les dirigeants assurent se réorganiser : « Nous avons automatisé nos plateaux de télévision, et investi dans les systèmes d’informations. Nous étions organisés en silo entre le broadcast (diffusion traditionnelle) et le replay (différé). Les mêmes équipes s’occuperont de tout », a souligné toujours dans les lignes du quotidien Frank Cadoret, directeur général adjoint. Mais cela ne sera pas suffisant. Une question importante se pose inévitablement, comment Canal+ va négocier avec Mediapro pour diffuser la Ligue 1 à partir de 2020, sans quoi la fuite d’abonnés pourrait s’accélérer davantage. L’option signature d’un contrat de distribution semble la plus probable, le PDG de Mediapro se refusant de vendre une partie des droits acquis. Le casse-tête continue.