SFR : l’Etat demande l’annulation d’un RIP remporté par l’opérateur au carré rouge

SFR : l’Etat demande l’annulation d’un RIP remporté par l’opérateur au carré rouge

Ça se corse pour SFR sur l’île de Beauté.

Contexte. Si SFR a été choisi au nez et à la barbe d’Orange fin 2018 pour fibrer la moitié de la Corse en 5 ans, les conditions d’attribution du chantier ont depuis été remises. Depuis début avril, le chantier de la fibre optique est dans le viseur de la justice, puisque le parquet de Bastia a lancé une enquête préliminaire pour des soupçons de favoritisme, confiée à la police judiciaire d’Ajaccio. Celle-ci porte sur la Collectivité Corse, SFR Collectivités et plus précisément sur l’attribution de la délégation de service publique, mais aussi sur d’éventuelles contreparties perçues. Mais "nous n’en sommes qu’aux prémices, il convient de rester prudent" ; a tempéré une source proche du dossier le mois dernier.

C’était sans compter un nouveau rebondissement. Comme le rapporte l’AFP, l’Etat a déposé récemment un recours devant le tribunal administratif contre le contrat de concession signé entre la Collectivité de Corse et l’opérateur au carré rouge. En réaction, cette volonté de suspendre et annuler ce contrat de 275 millions d’euros dont 52 millions de subventions publiques, est perçue comme une «une décision exclusivement politique, (…) une déclaration de guerre contre le conseil exécutif et la majorité territoriale» par Gilles Simeoni, le président de l’exécutif corse. Et d’ajouter à l’agence de presse «aller sereinement devant le tribunal administratif» de Bastia. Sur Twitter, Gilles Simeoni a précisé que la raison de ce recours serait un supposé «favoritisme régional» de la part de la collectivité de Corse, laquelle n’aurait dû évoquer «les retombées économiques du contrat au plan local».

Le projet est de taille, SFR doit fibrer la moitié de la Corse en 5 ans. On compte dans ce projet la construction de plus de 170 000 prises FTTH, et un demi-million de kilomètres de de fibre. Du côté de SFR, l’opérateur a affirmé lors de l’ouverture de l’enquête préliminaire en avril dernier, "ne pas voir ce qui pourrait concerner l’entreprise", le porte parole de SFR a également expliqué que la réponse à l’appel d’offre avait été très encadrée et que celle-ci " a été en tout point conforme aux vingt-cinq autres appels d’offres auxquels nous avons participé ces deux dernières années".