Pour Free, SFR et Bouygues “ont tenté de forcer un retour à trois opérateurs” avec des promotions agressives à vie, la consolidation s’éloigne

Pour Free, SFR et Bouygues “ont tenté de forcer un retour à trois opérateurs” avec des promotions agressives à vie, la consolidation s’éloigne

L’opérateur de Xavier Niel persiste et signe, un retour à trois opérateurs serait une erreur. Selon les dernières déclarations de son directeur général, SFR et Bouygues auraient tenté d’amener Free à la table des négociations en l’asphyxiant à coups de promotions à vie.

"Il n’y aura pas de consolidation". Free le répète depuis quelques temps, il ne sera pas le déclencheur d’un retour à trois opérateurs si cela doit se produire. En marge de la présentation la semaine dernière de son plan "Odyssée 2024", son directeur général en a rajouté une couche dans une interview accordée aux Echos. Au sujet de la consolidation, " nous pensons que ce serait une erreur : ce serait moins de concurrence et moins d’investissement. Nous avons un beau projet d’entreprise, nous sommes indépendants et nous avons les moyens de nos ambitions. Notre plan Odyssée 2024 en est la démonstration", a t-il martelé avant de révéler que les opérateurs à l’origine de l’intensification de la guerre des prix en 2018 avec des offres à vie à 5€, à savoir SFR et Bouygues, "ont fait cela pour tenté de forcer le retour à un marché à trois opérateurs au lieu de quatre."

A l’heure où un schéma de consolidation s’éloigne, faute de vendeur et la 5G arrivant à grands pas, Free estime à ce propos que la régulation a un rôle important à jouer. Lors d’une audition placée en mars dernier sous le signe du New Deal, Maxime Lombardini, Président du conseil d’administration d’Iliad en a profité pour partager son point de vue sur un passage à trois devant la commission des affaires économiques :

"Au sujet de la consolidation, je pense qu’il y a une réponse dans la régulation. Si l’attribution des fréquences 5G est faite de manière équilibrée et raisonnable, quatre opérateur peuvent vivre durablement, on est aujourd’hui tous rentables, on investit tous, on a tous des dynamiques commerciales positives. Il y a aussi la régulation de la fibre, l’opérateur historique est structurellement plus puissant que les autres, il est normal qu’il y ait une régulation. Après le degré de régulation fait que les autres opérateurs arrivent à tenir le choc concurrentiel ou pas. Je pense que la réponse à la question 3 ou 4 opérateurs est qu’il faudrait que l’un soit vendeur et ce n’est pas le cas" a-t-il déclaré. 

 

Orange et Bouygues pessimistes 

Il y a trois mois, les patrons d’Orange et Bouygues, alors ouverts à un retour à trois comme facilitateur pour le premier et opportuniste pour le second, n’ont pas caché leur pessimisme en marge de la présentation des chiffres annuels de leur opérateur. D’abord Martin Bouygues a assuré avoir « aucune discussion avec d’autres opérateurs » et n’avoir été contacté « par aucun d’entre eux ». A ses yeux, « s’il devait y avoir des discussions entre d’autres opérateurs, immanquablement ils finiraient par nous contacter puisque, forcément, cela poserait des questions de remèdes. » Un peu plus tard, Stéphane Richard s’est montré tout aussi sceptique, " le niveau d’espoir que la consolidation se fasse en France a baissé, c’est regrettable mais c’est incontestable", a t-il confié. Le marché va donc continuer pour le moment à quatre. En attendant, l’arrivée de la 5G va nécessiter des investissements colossaux. L’un d’entre-eux ne suivra peut-être pas…