Déploiement de la fibre optique : scénario politique cocasse dans un chantier confié à Orange

Déploiement de la fibre optique : scénario politique cocasse dans un chantier confié à Orange

Alors qu’Orange se voit confier une partie du déploiement de la fibre optique dans le département de la Haute-Vienne, un scénario politique un peu étrange provoque quelques remous.

La récente séance plénière du Conseil départemental de la Haute-Vienne devait servir à voter le budget primitif pour 2019. L’occasion d’évoquer le financement du déploiement de la fibre optique, en vue d’un fibrage total en 2024. Jean-Claude Leblois, président du Conseil départemental, a défendu le choix de confier l’installation de 65 000 prises à Orange (qui était en concurrence avec Bouygues et Covage), après l’installation de 35 000 prises financée par des fonds publics. Pour lui, « Il est intéressant de pouvoir trouver une initiative privée qui évite d’avoir à recourir à l’impôt », tout évoquant l’importance des délais de réalisation.

De quoi susciter des vifs échanges. Pierre Lefort, ancien membre du PS, évoque une décision « incompréhensible », car contraire à l’idéologie de gauche, censée favorisée les financements publics. Et d’ajouter : « Ce que va faire Orange ? Investir au fur et à mesure de ses capacités financières en visant d’abord le plus rentable » .

Le positionnement est étonnamment le même sein de l’opposition. Jean-Marie Bost, étiqueté LR, assure qu’il « ne faut y voir aucun paradoxe ». Tout en ajoutant quand même : « Je vais laisser au département le choix de son destin. Je regrette que le Département ait abandonné Dorsal (ndlr : le syndicat mixe qui s’occupait du déploiement jusqu’à présent). Ce que va faire Orange ? Investir au fur et à mesure de ses capacités financières en visant d’abord le plus rentable ». Admettant à demi-mot aller contre son éthique, il ne cache pas sa préférence pour l’investissement public dans le cas présent. Il a d’ailleurs rappelé que la région avait proposé un plan de financement et que celui-ci n’a pas été retenu.

La situation est donc plutôt cocasse. Les élus, de gauche, optent pour le financement privé, tandis que l’opposition, de droite, semble défendre l’investissement public. Preuve en est, en tout cas, que les clivages politiques peuvent être dépassés dans le cas d’un intérêt commun. Ce qui n’est pas plus mal dans le cas d’un révolution à ne pas manquer telle que la fibre optique.