Dégradation du réseau cuivre d’Orange : la police des télécoms enfonce le clou

Dégradation du réseau cuivre d’Orange : la police des télécoms enfonce le clou

L’Arcep a dévoilé les indicateurs de qualité de service du réseau cuivre d’Orange du troisième trimestre. Le régulateur constate une nouvelle dégradation, l’opérateur historique n’a pas redressé la barre. 

Mis en demeure anticipée fin octobre par l’Arcep sur la qualité de service de son réseau cuivre, Orange a dans la foulée assuré son intention de se mettre en conformité avec ses obligations de délégataire du service universel dès l’année prochaine, en dévoilant récemment son plan d’action, entre renforcement de ses ressources, accroissement des investissements et une meilleure organisation.

Mais le temps presse, surtout que le régulateur note aujourd’hui une "nouvelle dégradation qui démontre qu’Orange n’a pas mis en place les éléments de redressement de sa propre initiative, dès le milieu de l’année" , martèle Sébastien Soriano dans les lignes du Figaro . Et d’ajouter avoir demandé à Orange d’améliorer la situation et attendre "des résultats dès les mois de novembre et décembre ".

Le cahier des charges arrêté par le gouvernement comporte une douzaine d’indicateurs annuels de qualité de service qu’Orange est tenu de respecter et dont l’Arcep assure le contrôle. Aujourd’hui, force est de constater que les performances de l’opérateur historique sont parfois éloignées des valeurs cibles annuelles fixées. Par exemple, le délai de réponse à 95 % des réclamations dépasse vingt jours alors qu’il devrait être d’environ 16 jours au maximum.

Un dispositif spécial pour accompagner Orange

Le régulateur rappelle par ailleurs qu’en juin 2018, il a ouvert une instruction relative à un éventuel manquement d’Orange à son obligation de délégataire du service universel. Celle-ci a permis de confirmer la dégradation progressive de la qualité de service du réseau cuivre de l’opérateur. Par conséquent, la police des télécoms a alors mis l’opérateur en demeure de respecter en 2019 et en 2020 l’ensemble des valeurs établies. "Au surplus, afin de favoriser une amélioration rapide de la situation, l’Arcep a par ailleurs prévu un dispositif spécifique pour les sept indicateurs les plus problématiques, dispositif qui ajoute à la mise en demeure annuelle des valeurs maximales à respecter sur les deux derniers mois de 2018 et par trimestre en 2019", note enfin l’Autorité. Pour rappel, l’agrume risque une sanction pouvant aller jusqu’à 5% de son chiffre d’affaires annuel hors taxes, soit environ 1 milliard d’euros.