5G : Bouygues, Orange et SFR se battent à coups de communication bien huilée et de tests, Free n’est pas pressé

5G : Bouygues, Orange et SFR se battent à coups de communication bien huilée et de tests, Free n’est pas pressé

Les coups de com des opérateurs battent son plein sur la 5G actuellement même si celle-ci ne sera commercialisée en France qu’en 2020. Bouygues Telecom, Orange et SFR ne veulent surtout pas manquer le rendez-vous et rêvent de prendre le leadership sur cette technologie.

Si Bouygues Telecom a relancé le bal hier matin, en réalisant un test public de la 5G à Bordeaux, « le premier réalisé dans les conditions du réel » d’après l’opérateur, Orange a de son côté canardé dans la foulée un communiqué informant d’une nouvelle autorisation de l’Arcep lui permettant de tester la 5G de bout en bout dans une nouvelle ville en plus de Lille et Douais, à savoir Marseille. Et comme le dit l’adage « jamais deux sans trois », SFR s’est également joint dans la journée à la valse des stratégies de communication autour cette nouvelle technologie en indiquant avoir lui aussi reçu le feu vert du régulateur pour poursuivre ses tests dans deux nouvelles villes : Toulouse et Nantes. Tout comme Bouygues, l’opérateur au carré rouge estime avoir lui aussi mené la première expérimentation 5G en situation réelle, c’était le 23 mai dernier avec Huawei mais celle-ci a pris place au cœur de son laboratoire de tests. SFR se prépare d’ailleurs à équiper ses premières villes en 2019, avant le lancement commercial prévu en 2020.

De son côté, Free se montre pour le moment moins dynamique que ses concurrents voire en retrait même s’il a réalisé une expérimentation technique dans le cadre de la mise en œuvre d’un prototype 5G à Paris au sein de son siège social en octobre dernier. Interrogé sur la future commercialisation de cette technologie lors de la convention Free, le nouveau directeur général d’Iliad Thomas Reynaud a déclaré que Free «y croît mais pour les abonnés ce ne sera pas avant 2020-2021». Et Xavier Niel d’ajouter que « comme tout le monde on veut le faire mais le sujet c’est d’avoir le spectre et les fréquences nécessaires.» L’opérateur souhaite donc attendre le lancement de la procédure d’attribution des fréquences 5G, prévue en 2020.

A noter que rien «n’empêchera les opérateurs d’ouvrir leur réseau 5G au grand public sur leurs sites pilotes dès l’année prochaine », a assuré Sébastien Soriano, président de l’Arcep, il y a trois mois.

A ce propos, Orange mènera ses tests sur 30 sites à Lille et 48 autres à Douai sur la bande 3600 – 3700 MHz. L’autorisation est attribuée pour un an, à partir du 1er juin 2018 et jusqu’au 1er juin 2019. De ce fait et sans trop se mouiller, les habitants de ces villes seront donc parmi les premiers à pouvoir jouir de la 5G en France et ce à partir de 2019. Les tests se transformeront sans doute donc en offres commerciales. Bouygues Telecom est quant à lui autorisé à expérimenter cette technologie à Bordeaux (deux sites) et à Mérignac (un site).

A noter enfin que la 5G est passée à la vitesse supérieure et a franchi une nouvelle étape le 18 juin dernier. La 3GPP (3rd Generation Partnership Project), comprendre ici la coopération entre organismes de standardisation en télécommunications a adopté un ensemble de normes et a mis au point le tant attendu protocole technique «stand alone » (autonome) qui va permettre l’utilisation de la 5G industriellement pour la première fois. La 5G n’est désormais plus exploitable sur un réseau 4G et devient autonome. « La 5G “stand alone” ne fait pas qu’augmenter de façon drastique la vitesse et la capacité du très haut débit mobile, elle va aussi permettre à des industries, hors des télécoms, de révolutionner leurs écosystèmes », s’est félicité Balazs Bertényi, l’un des présidents du 3GPP.