Pénurie de fibre optique ? un scénario alternatif se dessine pour faire face aux tensions sur l’approvisionnement

Pénurie de fibre optique ? un scénario alternatif se dessine pour faire face aux tensions sur l’approvisionnement

Comme l’a expliqué Pierre-Michel Attali de l’IDate lors de la présentation de l’Observatoire du Très Haut Débit à l’OpenLab de Huawei à Paris à laquelle Univers Freebox a assisté, il n’y a pas de pénurie à proprement parler de fibre optique, même si des tensions se feront ressentir sur l’approvisionnement jusqu’en 2019. Un plan de pilotage national des besoins va être mis en place pour offrir plus de visibilité aux câbliers français et un scénario alternatif se dessine afin que la montée en charge de la filière suffise à couvrir les besoins.

La féderation des industriels des RIP a souhaité profiter de cette enquête exhaustive, réalisée à l’échelle nationale et qui est devenue un indicateur de référence pour les collectivités et les institutions françaises, pour sonder ses membres et apporter un éclairage fidèle à la réalité et précis sur des questions d’actualités, notamment sur les problématiques d’approvisionnement de fibre optique en France qui sont sur toutes les lèvres ces temps-ci.

Ces tensions proviennent des capacités de production au niveau mondial de la matière première permettant de fabriquer les câbles de fibre optique : la préforme (ce barreau de verre ultra pur en silice synthétique). En cause, principalement : les besoins de la Chine. En effet la France ne pèse que 2,2% du marché mondial en 2017 contre 58% pour la Chine, en 2018, le seul opérateur chinois China Mobile déploiera deux fois plus de fibres que l’ensemble constitué par l’Europe et les USA.

La fabrication des préformes nécessite de lourds investissements portés par une quinzaine d’acteurs dans le monde mais la capacité de production égale quasiment les besoins en fibre.

Par ailleurs, en France ces besoins vont passer de 13 millions de kilomètres de fibre optique en 2017, à plus de 20 millions en 2018, ces tensions persisteront jusqu’à fin 2019 (date à laquelle la montée en charge de la capacité de production en France devrait permettre de répondre aux besoins). 

Jacques de Heere, PDG d’Acome et Vice-président du Sycabel (Syndicat professionnel des fabricants de fils et de câbles électriques et de communication) a d’ailleurs alerté en ce qui concerne l’objectif de 4 millions de prises en 2018 "notre secteur croît actuellement de 35% par an, ce qui est énorme, pour atteindre 4 millions de prises, il nous faudrait passer à 65% de croissance annuelle, ce qui n’est pas réaliste".

Selon un scénario plus réaliste (avec un léger étalement des déploiements : 5% des prises ZTD et AMII prévues non déployées fin 2022 et 10% des prises RIP prévues non déployées fin 2022 ), la montée en charge de la filière pourrait suffire, "certes les tensions sont là mais la filière est mobilisée au travers d’investissements considérables. Entre les 2 scénarios de croissance de la demande, nous pensons que nous devrions être davantage autour des +40% cette année, ce qui laisse penser que la filière peut gérer". Les câbliers français, la FIRIP et l’Avicca vont ainsi travailler main dans la main pour mettre en place un pilotage national sur les besoins, qui leur permettra d’avoir une meilleure visibilité et pouvoir mieux les anticiper.

L’AVICCA de son côté ne décolère pas et se désole de ce manque d’anticipation "nous avons signé des contrats avec les industriels assortis d’engagements de déploiement chiffrés. Ceux-ci doivent être honorés. Qu’on ne vienne pas nous parler de pénurie pour expliquer les retards alors que cette situation était prévisible".

 

Ci-dessous la carte de France de la répartition des besoins en fibre optique en 2020 :