Exclusivité droits sportifs : Orange n’aurait pas la mémoire courte et tacle SFR

Exclusivité droits sportifs : Orange n’aurait pas la mémoire courte et tacle SFR

Si Alain Weill, le nouveau patron de SFR, a tendu la main aux opérateurs et à Canal+ récemment dans l’optique de distribuer les chaînes SFR Sport chez ces derniers par le biais de la nouvelle entité Altice Pay TV, Orange n’a pas oublié la récente stratégie de son rival, à savoir les exclusivités à outrance.

Le tacle est venu de Pierre Louette, actuel directeur général délégué d’Orange sur le départ. Sur son compte Twitter, celui-ci s’est montré un brin sarcastique eu égard au soudain lâché prise de SFR autour des exclusivités sur les droits sportifs, n’épargnant pas le nouveau ex-PDG de l’opérateur au carré rouge, Michel Combes, qui a prôné corps et âmes la rentabilité de cette stratégie :

« Virage sur l’aile pour SFR, qui adapte sa stratégie médias à la réalité… Qui se souvient encore des fortes déclarations du prédécesseur sur la rentabilité future assurée grâce à l’exclusivité, et des leçons de calcul qu’il assénait avec un aplomb incomparable… ? Sic transit »

On se souvient d’ailleurs que Pierre Louette, avait estimé il y a un an lors du Colloque NPA-Le Figaro que SFR n’avait aucune logique économique dans l’achat des droits de la Ligue des Champions et de la Ligue Europa, martelant qu’ils « seront obligés d’en rétrocéder », Michel Combes lui avait répondu lors de l’Association des journalistes économiques et financiers. Sur les doutes de Pierre Louette qui a estimé la nécessité d’un gain de quelques millions d’abonnés afin de rentabiliser ces attributions, le directeur général d’Altice avait rétorqué : « Peut être que Pierre Louette ne sait pas compter ».

 
D’après les calculs de SFR, il fallait conquérir 400 000 clients fixes, en se basant sur les revenus abonnés SFR Family qui s’élèvent à « 70 euros par mois, donc de 800 à 900 euros par an ». Bon joueur, Michel Combes affirmait enfin malgré tout « comprendre les états d’âme d’Orange », faisant écho à l’incapacité de l’opérateur historique à « monétiser les droits sportifs ». Orange s’était en effet lancé il y a une dizaine d’année dans l’achat de droits sportifs, en l’occurrence des lots de la ligue 1 qu’il diffusait en exclusivité sur sa box. Mais les résultats escomptés n’ont jamais été au rendez-vous et Orange n’avait pas réussi à rentabiliser son investissement, Stéphane Richard a ainsi mis fin à cette expérience à son arrivée à la tête de l’opérateur.
 
Si au lancement de SFR Sport en 2016, aucun accord n’avait été trouvé avec les opérateurs, la situation est différente aujourd’hui, l’heure est à l’amortissement et à la monétisation des droits audiovisuels acquis par SFR. Pour Alain Weil dans les lignes de l’Equipe, Altice Pay TV « est ouvert à tout le monde, y compris aux nouveaux entrants comme Apple TV,Amazon, Facebook.. » mais aussi aux autres opérateurs. « Maintenant, la priorité est le développement commercial et la poursuite de l’édition de contenus », a ajouté l’intéressé avant de se mettre au diapason de Xavier Niel et Stéphane Richard au sujet des exclusivités : « C’est une mauvaise chose qu’un téléspectateur soit obligé de s’abonner à un opérateur pour voir du rugby et à un autre pour du foot ».
 
Pour l’heure, Canal + attend de voir les propositions du groupe de Patrick Drahi autour de la diffusion de ses chaînes et Orange de son côté s’est dit ouvert à la discussion et essaiera de trouver un accord avec Altice sur la distribution de la Ligue des Champions.