L’avocat des actionnaires d’Altice : “Patrick Drahi tend à enjoliver la situation, mes clients ont réellement perdu beaucoup”

L’avocat des actionnaires d’Altice : “Patrick Drahi tend à enjoliver la situation, mes clients ont réellement perdu beaucoup”

L’avocat des actionnaires d’Altice ayant décidés de porter plainte pour “diffusion d’informations fausses ou trompeuses” sur sa dette, Maître Frédérik-Karel, s’est exprimé plus en détails sur les raisons de la plainte. Ce sont les petits actionnaires qui paient les pots cassés.

"Les dettes d’Altice n’empêchent pas Patrick Drahi de dormir, mais mes clients, si…"

Selon eux, l’information qu’ils ont reçue de la part du groupe n’était pas “sincère et fidèle”. Si les informations diffusées sur la dette d’Altice l’avaient été, les actionnaires défendus par Maître Frédérik-Karel n’auraient jamais investi dans ce groupe. La fonte de moitié de la capitalisation boursière du groupe a fait perdre beaucoup d’argent aux plaignants. “Les dettes d’Altice n’empêchent pas Patrick Drahi de dormir, mais mes clients, si…”.

La double peine d’un ex-salarié : licencié et 2 000 euros de perte 

Les actionnaires demandent donc à être indemnisés à hauteur des pertes qu’ils ont subies. “Un de mes clients, qui a 14.000 actions Altice en portefeuille, a perdu pas moins de 300.000 euros !” déclare l’avocat. L’un d’entre eux a même subi une double peine : “un ex-salarié du groupe, a perdu 2.000 euros et a été licencié par dessus le marché. C’est un peu beaucoup ! Altice a multiplié les licenciements. Sa stratégie basée sur l’endettement semble calamiteuse…”.

Interrogé sur le parallèle avec Jean-Marie Messier et son attitude face au sort de Vivendi, l’avocat estime que Patrick Drahi est du même acabit. Tous deux polytechniciens, ils ont tous deux affirmé que tout allait bien alors que leurs groupes étaient fortement endettés. Et de conclure sur un ton un peu plus léger “Les personnes comme Jean-Marie Messier ou Patrick Drahi sont de beaux parleurs. En la matière, ils battent même les avocats…”. Ce qui est sûr, c’est que "la destruction de valeur est bien là…" conclut-il.

 
source : Capital