Xavier Niel aux «Rendez-vous de Bercy» pour échanger sur les ruptures technologiques et les inégalités

Xavier Niel aux «Rendez-vous de Bercy» pour échanger sur les ruptures technologiques et les inégalités

Le ministère de l’Économie et des Finances a accueilli hier la première édition des « Rendez-vous de Bercy », une journée de débats placée sous le signe des ruptures technologiques et des inégalités qui chamboulent aujourd’hui les marchés et les modes de vie. Parmi les intervenants, des dirigeants politiques, des PDG, la commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager, deux Prix Nobel d’économie mais aussi le fondateur de Free, Xavier Niel.

Interrogé par la journaliste Emmanuelle Duten qui a animé l’événement, le tycoon des télécoms est essentiellement revenu sur les raisons pour lesquelles il s’est dirigé spécifiquement vers la formation aux métiers de codeurs et développeurs en fondant l’Ecole 42 : « un grand nombre des nouvelles entreprises de technologie qui ont été créées dans le monde, l’ont été par des gens qui savaient faire des logiciels qui allaient devenir le succès ensuite de leur entreprise… Ce savoir-faire est extrêmement important. Et je suis surpris de voir à quel point apprendre à faire du code est accessible à tous, c’est à dire qu’il n’est pas destiné à des gens qui ont fait dix ans d’études, c’est quelque chose d’accessible dès que l’on a un peu de logique. L’idée était donc de créer une école ici en France… qui soit différente, s’adressant à des jeunes pouvant venir de quartiers différents, de les sélectionner sur une base qui soit plus juste, non pas sur un critère financier mais plutôt sur des critères de logique et de motivation».

L’objectif de 42 est ainsi de donner de l’espoir à des jeunes qui n’en avaient peut être plus mais qui veulent s’en sortir selon son fondateur qui note qu’au niveau de l’OCDE, la France est dernière en matière d’ascenseur social , « il faut changer cela » ajoute t-il. Pour l’anecdote, les salaires de sortie sont au dessus de 40 000 euros par an pour les étudiants de 42 qui restent en France après leur cursus et de 120 000 pour ceux qui ont opté pour les USA. Partant ensuite du constat que 40% des jeunes de cette école avaient un lien avec l’entreprenariat, Xavier Niel s’est dit vouloir réussir à solder la problématique autour du manque de nouvelles technologies en France en créant Station F, le plus grand incubateur du monde. Le patron de Free l’a répété à de nombreuses reprises, son leitmotiv, « c’est d’aller chercher des jeunes qui n’iraient pas naturellement vers l’entreprenariat et de les amener à créer leur propre job », une manière efficace de lutter contre le chômage à ses dires.