Zone AMII : l’Arcep souhaite une nouvelle répartition et pourrait impliquer Free

Zone AMII : l’Arcep souhaite une nouvelle répartition et pourrait impliquer Free

La fibre arrivera avec trois ans de retard si Orange et SFR continuent à ce rythme en zone AMII d’après le président de l’Arcep. Une nouvelle répartition de couverture est en approche.

"Nous sommes inquiets. Les projections que nous faisons selon les investissements d’Orange et SFR dans ces zones nous amènent à penser que nous serons en retard, (et que la fibre arrivera) plutôt en 2023 que 2020, ce qui était l’objectif donné", Sébastien Soriano a tiré la sonnette d’alarme hier devant le Sénat d’après l’AFP. Si pour l’heure sur la zone AMII, Orange a récupéré 90% alors que SFR doit s’occuper des 10% restants, le président de l’Arcep envisage de revoir la répartition du déploiement du FTTH dans ces zones moyennement denses. Le but est donc de mieux répondre aux objectifs de déploiement et être dans les clous. Accélérer le rythme reste ainsi le maître mot. La police des télécoms a d’ailleurs publié un avis aujourd’hui mais son président n’en démord pas dans une interview accordée au Figaro  : « Nous invitons à un nouveau partage de cette zone , qui ouvre plus de place à SFR et pourrait aussi impliquer Bouygues Telecom et Free . Et il faut que ce « repartage» se fasse vite. Le gouvernement peut donner l’impulsion de la renégociation.»

Pour l’Arcep, Orange doit accélérer son rythme de déploiement trimestriel de plus de 60 %, SFR de plus de 70 % : "Un repartage de la zone AMII entre les opérateurs privés souhaitant investir et assorti d’engagements juridiquement opposables permettrait d’accélérer les déploiements de fibre optique et l’atteinte de de l’objectif de 2020."

Du côté de SFR, une répartition à 50-50 serait parfaite, pourtant l’opérateur au carré rouge n’a pas rempli ses objectifs sur la zone AMII malgré un réveil récent. S’agissant des retards constatés, Stéphane Richard avait avoué que ce ralentissement était lié à des « débats » avec SFR, tout en laissant la porte ouverte à des discussions si celles-ci tenaient compte des investissements effectués par Orange depuis près de 6 ans.

 

Résumé de la situation

 
 
En 2011 Orange et SFR se sont partagés les zones moyennement denses (zone AMII) en tant qu’opérateurs d’infrastructures FttH. La première répartition donnait 80% des zones concernées à Orange et 20% pour SFR. Suite au rachat par Numericable, SFR s’est concentré sur le développement de son réseau câblé et Orange a repris les zones oubliées par SFR, la nouvelle répartition donnait environ 90% pour Orange et 10% pour SFR.
 
Cela représente un objectif final à l’horizon 2022 d’environ 12 040 000 prises pour Orange et de 1 574 000 pour SFR. Au mois de mai dernier Orange avait atteint 20 % de cet objectif et SFR, 11%.
 
Pour ce premier semestre 2017, selon les données de l’ARCEP Orange a raccordé 396 000 lignes contre 244 000 sur la même période en 2016. On note donc une grosse accélération pour Orange.
 
SFR a quant à lui enregistré aussi une forte progression par rapport à l’année dernière même si les chiffres ne sont en rien comparables à ceux d’Orange qui raccorde bien plus de lignes. L’opérateur au carré rouge arrive à un total de 70 000 lignes raccordables au premier trimestre 2017 là où l’année dernière au premier semestre il n’en réalisait que 7 000. Par rapport à il y a un an SFR a raccordé 167 000 lignes supplémentaires et Orange 1 123 000.
 
Au delà des effets d’annonces, SFR imprime une réelle dynamique et accélère ses déploiements. Orange continue également d’augmenter son total de lignes raccordables. A ce rythme, Orange devrait tenir son objectif final sur les zones AMII sans trop de problème mais l’Arcep ne le voit pas ainsi. SFR devra quant à lui continuer dans la dynamique d’augmentation car 70 000 lignes raccordables par trimestre ne lui permettront d’atteindre le sien qu’en 2023. Une nouvelle répartition de l’Arcep pourrait donc changer la donne.
 
Pour rappel, Free avait été le premier à signer avec Orange un accord en vue de cofinancer les réseaux FttH qui sont déployés dans les zones moyennement denses. Cette offre permet à chaque opérateur d’avoir accès à l’intégralité des lignes déployées et de cofinancer le déploiement à hauteur de la part de marché locale souhaitée.