Xavier Niel serait au Sénégal pour finaliser le rachat de l’opérateur mobile Tigo

Xavier Niel serait au Sénégal pour finaliser le rachat de l’opérateur mobile Tigo

Xavier Niel et le milliardaire Yerim Sow définitivement aux commandes de l’opérateur sénégalais Tigo, c’est presque officiel !

Selon les sources de Dakaractu, le président sénégalais Macky Sall a reçu hier en catimini le patron de Free et son partenaire Yérim Sow avant que le duo d’hommes d’affaires ne s’affairent à finaliser à Dakar le rachat de Tigo à Millicom après de multiples rebondissements.

Pour rappel, le Groupe Millicom, maison-mère de « Tigo » deuxième opérateur mobile du pays , a annoncé le 31 juillet dernier avoir signé un accord pour la cession de ce dernier à un consortium composé de Xavier Niel à titre personnel (NJJ Capital), de la holding d’investissement Groupe Teyliom contrôlée par le milliardaire Yerim Sow, et de Sofima, véhicule d’investissement en télécommunications géré par le groupe malgache Axian, détenu par la famille Hiridjee et partenaire de Free à La Réunion (Only). « La transaction suivra le processus réglementaire en vigueur. Sa finalisation reste soumise au respect des accords entre les parties, et à l’approbation des autorités compétentes », avait informé à ce propos un communiqué.

Le Groupe Millicom a ainsi annulé la vente de Tigo à la banque sénégalaise Wari avec qui un accord avait été trouvé en février dernier. Pour ce faire, le groupe a décidé « d’exercer ses droits en mettant fin à l’accord de cession de sa filiale Tigo au Sénégal au Groupe Wari ». De quoi causer la grogne de ce dernier qui a rétorqué dans la foulée avoir respecté ses engagements en ayant payé " le déposit initial de 10 millions de dollars."

Pour Millicom, Wari n’a pas payé dans les délais requis. Tout aurait pu s’arrêter là, cependant le président sénégalais est venu se mêler à l’affaire. Proche de Wari, Macky Sall a donné son "approbation de la cession de la licence d’établissement et d’exploitation des réseaux de télécommunications » de Tigo à Wari, par le biais d’un décret.

Finalement, le président du Collège de l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp), Abou Abel Thiam a joué son rôle d’arbitre et a tranché :

« L’Etat ne peut s’opposer au rachat de Tigo par le consortium de milliardaires et ne se substituera pas à l’acquéreur : « Nous sommes dans un Etat de droit, c’est-à-dire un Etat qui applique la loi, et qui s’applique la loi. L’Etat ne peut contraindre personne à vendre quoi que ce soit, encore moins à vendre à qui que ce soit. La licence appartient à Millicom pendant cette durée et Millicom vend à qui il veut. Ça veut dire qu’aujourd’hui, si Millicom s’entend avec une entité autre que Wari, pour céder une fois que l’Etat se sera aménagé les moyens de savoir quelle est cette entité, si elle n’est pas une menace pour les intérêts du pays, à partir de ce moment, l’Etat ne pourra que suivre, c’est-à-dire constater que quelqu’un qui détient un bail veut rétrocéder ce bail à quelqu’un d’autre pour la durée qui reste de ce bail », a t-il déclaré en juillet dernier. 

Si l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes n’avait pas encore constaté la rupture de contrat entre Wari et Millicom cet été, il semblerait donc que ce soit le cas aujourd’hui avec la venue de Xavier Niel.