Bolloré s’embourbe en Italie : Vivendi contrôle de facto Telecom Italia selon le gendarme de la bourse

Bolloré s’embourbe en Italie : Vivendi contrôle de facto Telecom Italia selon le gendarme de la bourse

Le gendarme italien de la bourse a jugé hier que Vivendi exerçait bien un contrôle de facto sur Telecom Italia, malgré les contestations du groupe français. Cette décision pourrait forcer Vivendi à consolider la dette de l’opérateur italien dans ses comptes qui s’élève à plusieurs milliards d’euros.

La campagne d’Italie du groupe de Vincent Bolloré connaît encore un rebondissement. Mercredi 13 septembre, le verdict de l’autorité italienne de tutelle des marchés est tombé. La commission de surveillance des marchés a établi que groupe français (qui possède 23,9% de Telecom Italia) exerce un contrôle “de facto” sur l’opérateur historique italien. Selon le code civil italien Vivendi aurait l’obligation de consolider les comptes de la société contrôlée. Le quotidien Corriere della Sera estime les dettes de l’opérateur italien à près de 7 milliards d’euros. 
 
Au terme d’une analyse approfondie de la législation en vigueur et des éléments de fait, la Consob a conclu que la participation de Vivendi dans Telecom Italia devait être qualifié de participation de contrôle de fait” peut-on lire dans le communiqué de presse. Le groupe de Vincent Bolloré “conteste formellement cette interprétation et fera appel devant les juridictions compétentes”. 
 
Vivendi étant un groupe français, communication de la décision a été faite à l’Autorité des marchés financiers (AMF). L’autorité française vient d’indiquer qu’elle était en train d’analyser les éléments fournis par Vivendi qui devraient permettre de confirmer ou non que ce groupe n’exerce aucun contrôle sur Telecom Italia comme il l’assure. Les conclusions de AMF pourraient différer de celle de son équivalent italien puisqu’il ne se base pas sur les mêmes textes législatifs (code civil italien et normes comptables internationales IFRS).
 
A cela pourrait venir s’ajouter une amende de 300 millions d’euros pour ne pas avoir respecter les règles lors du changement de direction. Par ailleurs une procédure est en cours pour forcer Vivendi à réduire ses participations dans Mediaset. 
 
Selon Reuters, chez Vivendi on pense que les tensions que vit le groupe en Italie sont une conséquences du conflit qui oppose la France et l’Italie sur le dossier Stx et qu’elles devraient s’apaiser après la rencontre bilatérale du 27 septembre prochain. Enfin des réflexions seraient en cours, toujours selon cette source de Reuters, pour vendre ou au moins séparer la société Sparkle de Telecom Italia suite aux déclarations du gouvernement italien qui considère la société comme stratégique et ne la laissera pas sous contrôle étranger.