Mais qui est Sparkle, la société dont l’hypothèse de cession a fait grimper Vivendi en tête du CAC40 ?

Mais qui est Sparkle, la société dont l’hypothèse de cession a fait grimper Vivendi en tête du CAC40 ?

Ce matin Le Figaro nous apprend que Vivendi caracole en tête du CAC40 et que la forte hausse du titre serait due à deux facteurs : le partenariat de Canal+ avec l’Équipe et la possible cession de Telecom Italia Sparkle. Mais qui est Sparkle ?
 
Il s’agit d’une entreprise créée en 2003 et contrôlée par Telecom Italia. En terme de chiffre d’affaires c’est une goutte d’eau dans l’océan Telecom Italia, elle représente un quinzième du chiffre d’affaires du groupe : à peine plus de 1,3 milliard pour Sparkle (certe en croissance) par rapport aux 19,04 milliards de Telecom Italia en 2016.
 
Pour comprendre pour quelle raison Sparkle est considérée comme hautement stratégique pour le gouvernement italien et pourquoi il fait des pieds et des mains pour que la société reste sous pavillon italien en ouvrant la voie à une cession de cette branche par Vivendi, il faut changer de point de vue. C’est en effet une multinationale qui possède et gère un réseau de télécommunication international. C’est elle qui a investi pour construire Sicily Hub, le nœud sicilien qui relie l’Italie et les différents pays européens à l’Afrique du nord, au Moyen-Orient et à l’Asie. Au total la société possède un peu plus de 560 000 km de fibre optique avec une capacité de transmission de 24 térabits par seconde qui traversent l’océan Atlantique, l’océan Indien et qui font le tour de l’Afrique. D’ailleurs 80% du trafic Internet israélien transite par son réseau et elle est indispensable à Google actuellement.
 
Son réseau est dit tier 1, c’est-à-dire qu’elle est propriétaire d’une partie du réseau mondial (elle fait partie d’un très petit nombre d’entreprises pouvant se dire "propriétaires" d’internet) sur laquelle elle peut faire transiter des données sans payer (contrairement aux entreprises possédant un réseau tier 2 ou tier 3). Elle est donc capable de transporter des informations sensibles et chiffrées d’un bout à l’autre de la planète. C’est pour cette raison que son réseau est utilisé par les services secrets des pays situés autour de la Méditerranée. C’est également elle qui offre ses services à la banque centrale européenne.
 
Pourquoi l’hypothèse de cession de Sparkle par Vivendi ?
 
Le gouvernement italien est ferme et le répète à tout-va dans la presse “Telecom Sparkle reste sous contrôle italien”. C’est en partie pour cela qu’une discussion au plus haut sommet de l’Etat se tenait aujourd’hui : déterminer si Vivendi exerce un contrôle de fait sur Telecom Italia depuis le changement de direction à la tête de l’opérateur italien. Le cas échéant, Vivendi pourrait s’exposer à une forte amende pour ne pas l’avoir communiqué et l’Italie aurait la possibilité de faire éventuellement jouer un droit de veto autorisé par la loi pour protéger les entreprises dont les intérêts sont stratégiques pour le pays. Selon les informations communiquées au gouvernement italien par Telecom Italia et Vivendi aucun des deux n’estime que Vivendi exerce ce contrôle. Mais le gouvernement italien n’entend pas les choses de cette manière et compte bien tout faire pour que l’entreprise Sparkle ne soit pas contrôlée par des étrangers. D’où l’hypothèse de cession qui a contribué à faire monter le cours du titre Vivendi en bourse en France.