Une banque d’investissement estime qu’une période compliquée s’annonce pour SFR

Une banque d’investissement estime qu’une période compliquée s’annonce pour SFR
La banque d’investissement américaine Jefferies a abaissé son opinion sur SFR en passant de Conserver à Sousperformance. Ils considèrent que l’action du groupe va réaliser une moins bonne performance sur le deuxième semestre.
 
La banque d’investissement se base sur trois constats pour modifier son opinion : une rechute du chiffre d’affaire, la dégradation de sa base de clients et des coûts en hausse qui grèvent sa rentabilité. Les résultats du deuxième trimestre qui seront publiés le 27 juillet permettront de vérifier leurs hypothèses : Jefferies table sur une baisse de 0,1% du chiffre d’affaires (2,77 milliards d’euros).
 
La banque estime que la comparaison avec le deuxième trimestre de 2016 sera difficile à tenir car la tendance 2016 était principalement due à l’intégration des événements sportifs dont SFR avait acquis les droits dans ses offres ; le groupe avait donc bénéficié d’une moindre charge fiscale qui s’était traduite par un rebond de son revenu par abonné en aucun cas imputable à une hausse de la dépense de ses abonnés. Jefferies note aussi que SFR a toujours un taux élevé d’abonnés qui changent d’opérateurs 24% contre 16% en moyenne.
 
A ces considérations vont s’ajouter des hausses de coûts liées aux acquisitions de contenus qui vont peser sur son Ebitda. Ainsi, la banque d’investissement doute que les mesures d’économie lancées par le groupe ne suffisent pas à compenser la hausse des dépenses. Ils les estiment à 10 millions d’euros au premier trimestre pour un hausse de 95 millions de coûts de contenus.
 
En 2018, elles devraient atteindre 400 millions d’euros par an alors que SFR s’est engagé sur 350 millions d’euros par saison pour obtenir les droits de la Ligue des Champions. 2018 marquera aussi la première année des commissions que prélèvera la maison-mère Altice sur sa filiale, chiffrées à 220-230 millions d’euros.
 
Source : AOF