Au-delà du Plan THD, une nécessité de 10 à 12 milliards d’euros supplémentaires pour le FTTH selon l’Agence du Numérique

Au-delà du Plan THD, une nécessité de 10 à 12 milliards d’euros supplémentaires pour le FTTH selon l’Agence du Numérique

<>

Le financement pose toujours problème.

Lors du colloque TRIP (Territoires et Réseaux d’Initiative Publique) printemps 2017 organisé par l’AVICCA (Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel) qui a débuté hier et qui se poursuit aujourd’hui, le directeur de l’Agence du Numérique, Antoine Darodes estime qu’au-delà du Plan France THD, « il faudra entre 10 et 12 milliards d’euros d’investissements supplémentaires » pour le FTTH. Une annonce n’étant pas sans rappeler le rapport de la Cour des Comptes le 31 janvier dernier, s’alarmant d’un probable hors délais et hors budget de ce plan initié par le gouvernement en 2013. La juridiction financière avait évalué à 34,9 Md€ le coût total du Plan, estimé initialement à 20 Md€.

Malgré tout, Antoine Darodes appelle à « l’optimisme » et regarde devant en rappelant que chaque jour « 10 000 prises sont raccordées », tant est si bien que ce dernier prévoit un pic de 3,9 millions de prises raccordables en 2021 dont 2,2 millions en zones RIP ( réseaux d’initiative publique). Ce qui n’a pas empêché Patrick Barnier (Berry Numérique) de poser une éternelle question, à savoir « comment atteindre un déploiement 100% FTTH dans les secteurs ruraux après 2021 ? » Vous avez deux heures…

 

 

Pour rappel, l’objectif du plan THD est d’atteindre en 2022, 100 % des 35 millions de logements et locaux à usage professionnel, dont 80 % en fibre optique jusqu’à l’abonné. Ce déploiement repose à la fois sur des opérateurs privés et sur l’initiative et le financement des collectivités territoriales. Si l’objectif de couverture intermédiaire (50 % en 2017) est déjà atteint, le déploiement en zones rurales pose problème. D’après la Cour des comptes, Il restera en 2022 à raccorder 7 millions de prises dans les « réseaux d’initiatives publiques » (RIP), financés en grande partie par les collectivités locales et l’Etat. Ces RIP sont censés raccorder dans les campagnes, 47 % de la population française. Pas une mince tâche, le plus difficile restant donc à venir puisqu’il s’agit d’équiper en fibre les zones les plus reculées. « Reste qu’en ce qui concerne les montants totaux à financer, nous sommes seulement au milieu du gué et les acteurs engagés dans les RIP n’ont encore construit qu’un seul des quinze millions de prises FTTH à venir », a constaté Etienne Dugas, Président de la FIRIP. Actuellement le secteur des réseaux d’initiative publique compterait 31 départements en appel d’offres pour une couverture FttH.