Le directeur général de SFR Media s’explique sur la convergence et affirme ne pas vouloir concurrencer Netflix

Le directeur général de SFR Media s’explique sur la convergence et affirme ne pas vouloir concurrencer Netflix

 

Alain Weill et Michel Combes

 

SFR PLAY, le kiosque presse numérique, la convergence télécoms-médias ainsi que le rapprochement avec Altice, Alain Weill est allé droit au but au cours d’un entretien accordé au Club de l’économie du Monde, le 19 janvier.

 

Le PDG du groupe NextRadioTV, propriétaire des chaînes de radios RMC et BFM mais aussi directeur général de SFR Media, n’y est pas allé par quatre chemins dans les lignes du quotidien national, notamment concernant le resserrement des liens de son groupe avec le carré rouge qu’il explique par la conviction en terme « de convergence entre les médias et les télécoms de Patrick Drahi . C’est un homme du câble, qui avait l’habitude de distribuer de la télévision. De mon côté, je pensais que la télévision allait dépendre de plus en plus des opérateurs : demain, vous ne regarderez la télévision que sur des récepteurs connectés, et la TNT va baisser. »

 

« Sur la convergence, il n’ y a pas de débat »

 

Catégorique sur le fait qu’Altice n’est pas seulement focalisé sur leur résultats financiers, Alain Weill précise : « notre groupe, ce sont mille spécialistes des contenus. Ce ne sont pas seulement des gens de télécoms qui essaient de faire du contenu. Sur la convergence,il n’y a pas de débat. Au Royaume-Uni, British Telecom, qui sert de modèle à SFR,a investi dans les contenus pour recruter des abonnés. Il est indispensable que des opérateurs fassent de même, sinon leur valeur ajoutée sera extrêmement faible. »

 

S’agissant de la raison pour laquelle Libération et l’Express ont été introduits dans le kiosque presse de SFR, l’intéressé se défend de dévaloriser la presse car les abonnés ne payent pas pour lire les journaux : « Quand ils sont abonnés à Internet, ils accèdent à des chaînes de télé et personne ne dit qu’ils ne les paient pas. Les journaux sont rémunérés au téléchargement. Cela leur rapportera un peu moins que les exemplaires papier en marge brute, mais nous espérons en distribuer beaucoup plus. Dans trois ans, Libération doit avoir 300 000 abonnés numériques. Et demain, les journaux seront peut-être rémunérés par des sommes forfaitaires, comme les chaînes de »télévision. »

 

« Nous ne voulons pas créer de Netflix européen »

 

Avec SFR Play, le carré rouge propose une plate-forme VOD illimitée à l’instar de Netflix, en plein boom. Mais pas de quoi visiblement inciter le service de SFR à aller marcher sur les plates bandes du géant américain : « Nous ne voulons pas créer le Netflix européen. Ça serait un manque d’humilité. Je sais que certains ont cette ambition. Netflix n’a pas de réseau télécoms, donc il doit avoir des programmes extrêmement forts pour convaincre les téléspectateurs de s’abonner. Nous, nous n’avons pas ce besoin de différenciation. »

 

Pas de concurrence donc puisque SFR Media propose ce service de vidéos dans un abonnement. Néanmoins, Alain Weill semble décidé à accélérer le rythme dans la production et la coproduction de séries originales « pour créer des événements chaque trimestre ». En effet, sera diffusé dès cet été la série titré du film Taken ainsi que Riviera. Sans oublier l’acquisition « du deal du catalogue NBC Universal », qui devrait ravir les abonnés.