Une sénatrice fustige le départ du DG de l’Arcep à Google : « Une menace pour la souveraineté numérique de la France »

Une sénatrice fustige le départ du DG de l’Arcep à Google : « Une menace pour la souveraineté numérique de la France »

 

« Outre les questions éthiques, c’est la souveraineté numérique de la France qu’on menace par ces conflits d’intérêts», s’inquiète la sénatrice de la Seine-Maritime Catherine Morin-Desailly dans un communiqué publié sur son site internet. En cause : Le départ prochain de Benoît Loutrel, directeur général de l’Arcep, pour le géant américain Google.


Une source de « conflits d’intérêts » , c’est ainsi que caractérise la sénatrice centriste le débauchage prochain de l’actuel directeur général de l’Arcep , Benoît Loutrel qui selon l’intéressée, semble « méconnaître le caractère sensible de ses fonctions au sein de l’autorité en chargé des télécoms et les risques élevés qu’impliquent son nouveau poste au service du lobbying d’une puissante entreprise étrangère. »

Un changement de poste encore plus intolérable et malvenu aux yeux de la Présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication puisqu’il intervient dans un contexte où l’Arcep doit se prononcer sur le caractère d’opérateur télécom de Google. A ce propos, Catherine Morin-Desailly s’interroge : « Depuis quand Mr Loutrel est-il entré en négociations avec Google ? Et quelles décisions ont-elles été prises par l’Arcep durant cette période particulièrement « sensible » ?

Pourtant et selon toute vraisemblance, Benoît Loutrel a bien reçu l’accord de la commission de déontologie afin de rejoindre Google France, le gendarme des télécoms l’a confirmé mais ce n’est pas suffisant pour la parlementaire qui ne dissimule d’ailleurs pas ses doutes : « Je souhaite donc que l’Arcep et le gouvernement fassent la lumière sur le contrôle déontologique qui a été, ou non, opéré autour de cette nomination et que soit précisé dans quelles mesures cette fonction au service d’intérêts privés ne saurait se faire au détriment des intérêts supérieurs de la France.» Affaire à suivre.