Bruxelles voudrait soumettre la pose de cookies informatiques dans les navigateurs à une autorisation explicite

Bruxelles voudrait soumettre la pose de cookies informatiques dans les navigateurs à une autorisation explicite

Les cookies informatiques sont menacés par Bruxelles, puisqu’un projet de règlement européen voudrait soumettre la pose de cookies tiers dans les navigateurs à une autorisation explicite, comme l’indique Le Figaro. Ainsi, les cookies seraient bloqués par défaut, ce qui rendrait la collecte et l’exploitation de données compliquées et aussi le ciblage moins efficace. L’industrie investit en masse dans les outils de ciblage ce qui fait que les éditeurs, agences et intermédiaires sont hostiles à ce projet. 

Ces cookies tiers sont déposés dans l’ordinateur des internautes afin de les identifier et de reconnaître leurs habitudes afin d’utiliser ces informations collectées afin de faire de la publicité ciblée. Cependant, les cookies placés par un éditeur de site ne sont pas ciblés puisqu’ils permettent de reconnaître le visiteur, afin de lui éviter, par exemple, de retaper son mot de passe. Cette disposition fait l’objet d’une demande direct, dans une fenêtre ou un bandeau qui s’ouvre, à la première visite. C’est le résultat d’une loi en place depuis 2011 qui demande le consentement préalable pour pouvoir utiliser le cookie. 

"Il ne faut pas compter sur les internautes pour faire cette démarche sur le terrain de la pub"
 
Sont donc visés ici les cookies tiers qui servent à la publicité ciblée, la mesure d’audience ou le partage de contenu sur les réseaux sociaux. Les internautes devraient donc eux-mêmes changer les paramètres pour désactiver le blocage par défaut. Pour Mats Carduner, président du spécialiste du data marketing Fifty-Five, "il ne faut pas compter sur les internautes pour faire ce genre de démarche sur le terrain de la pub". Une telle disposition, pour certains, dérangerait le secteur de la publicité en ligne mais pourrait renforcer la puissance des GAFA.
 
Pour Frédéric Grelier, chief data officer de Weborama, "toutes les entreprises liées à la pub en ligne seraient impactées : éditeurs, agences, intermédiaires du ciblage et annonceurs, car ce sont ces cookies tiers qui permettent d’affiner le ciblage". De son côté, le Geste, syndicat des éditeurs de sites en ligne est catastrophé. Corinne Denis, présidente du Geste et directrice du numérique de Lagardère Active indique "il y a réguler et tuer. Entre la nécessité d’éduquer et d’informer et le résultat de mesures aussi contraignantes qui supprimeraient la possibilité de faire de la pub, il y a un équilibre à trouver". 
 
Concernant les GAFA, ceux-ci pourraient passer à côté de ce projet, puisque ces plateformes peuvent se passer des cookies. Elles se fondent surtout sur les identifiants de leurs membres pour collecter les données et faire du ciblage. Pour Pierre Calmard, président d’iProspect France, "l’écosystème trouve toujours les moyens de contourner les décisions des gouvernements. Le problème des cookies est déjà largement contourné". La solution pourrait venir, par exemple, de la mise en place d’un groupement d’intérêt économique, rassemblant les sites les plus puissants, où il serait possible d’accéder par un identifiant commun.