L’OPE d’Altice sur SFR repoussée d’au moins deux semaines par l’Autorité des Marchés Financiers

L’OPE d’Altice sur SFR repoussée d’au moins deux semaines par l’Autorité des Marchés Financiers

L’OPE d’Altice a débuté au début du mois, afin que Patrick Drahi puisse prendre le contrôle total de SFR et retirer l’opérateur de la cote. Cependant cette opération est retardée de deux semaines par l’Autorité des marchés financiers (AMF), comme le partage la Tribune. En effet, comme nous en parlions déjà dans un précédent article, des actionnaires minoritaires s’estiment trop désavantagés par la parité d’échange proposée. 

Cette opération devait avoir lieu hier, jeudi 22 septembre, cependant, l’AMF, gendarme de la bourse, n’a pas donné son feu vert. Mardi dernier, elle a repoussé l’opération d’au moins deux semaines en raison "de demande de documents additionnels", comme l’explique une responsable de la communication. Elle précise également que "cela n’a rien d’exceptionnel : pour des opérations de ce type, il est très courant que les procédures soient interrompues par des demandes d’informations".

Mais des actionnaires minoritaires n’étaient pas en accord avec les modalités de cette OPE, jugeant que la parité d’échange leur est défavorable. 

Plus de temps à CIMA pour mobiliser d’autres minoritaires

De son côté, CIMA (Charity & Investment Merger Arbitrage) a, selon l’AFP, envoyé une lettre à l’AMF. Ses responsables y fustigent les "travaux d’expertise effectués dans le cadre de l’attestation d’équité relative à la parité d’échange proposée par Altice aux actionnaires minoritaires de SFR". Avant de critiquer "la méthodologie d’évaluation suivie par le cabinet Accuracy [l’expert indépendant, Ndlr]", laquelle serait "tronquée et partiale".

La responsable de la communication n’a fait aucun commentaire à ce sujet et ne fait pas de lien avec le rallongement de la procédure en cours. 

Mais ce délai donnera plus de temps à CIMA pour mobiliser d’autres minoritaires et pourquoi ne pas forcer Altice à formuler une nouvelle offre plus intéressante. 

Rafler "100% des dividendes"

"D’une certaine manière, à court terme, les difficultés de SFR arrangent Patrick Drahi, décrypte un analyste. En communiquant sur le fait que ça va mal, il justifie la parité actuelle et argue qu’il n’y a nul besoin de la réviser à la hausse…"

De quoi à terme, racheter les minoritaires pour "pas cher", juge cet analyste. Pour lui, Patrick Drahi parie probablement sur un rebond de l’opérateur en 2017 "grâce aux économies de coûts et à l’amélioration du réseau". Ce qui lui permettra, à ce moment-là, de rafler "100% des dividendes".