Les constructeurs ont refusé de décrypter deux portables appartenant aux terroristes présumés des attentats du 13 novembre

Les constructeurs ont refusé de décrypter deux portables appartenant aux terroristes présumés des attentats du 13 novembre

Bernard Cazeneuve a révélé à CNN que les deux téléphones appartenant aux terroristes, présumés coupables de l’attaque contre le Stade de France le 13 novembre, n’ont pas pu être décryptés. Les fabricants ont en effet refusé de coopérer avec les autorités françaises. Les terroristes utilisent de plus en plus de smartphones performants, sécurisés et cryptés. Leurs données sont de moins en moins accessibles à la justice.

Cette situation fait écho au bras de fer entre Apple et le FBI. En visite à Washington vendredi dernier, le Ministre de l’Intérieur a apporté son soutien au service fédéral. Il déclaré à la presse : « Je comprends parfaitement la préoccupation de l’administration américaine et […] je la fais mienne ». Puis, il l’a spécifié devant les caméras de BFMTV : « Il faut impérativement trouver des procédures, sous le contrôle d’autorité de juge, qui permettent de faire en sorte d’être plus efficace dans la lutte anti-terroriste. Sans remettre en cause les libertés fondamentales auxquelles les citoyens sont attachés. » Ainsi, il faut pouvoir « comprendre, savoir, prévenir » tout en respectant la vie privée.

Or, si les Etats-Unis peinent à trouver un arrangement avec la firme à la pomme, il est peu probable que celle-ci coopère avec la France. Bernard Cazeneuve favorise donc l’idée de négociations entre les fabricants et les autorités.

Un point de vue qui s’accorde avec celui de Barack Obama. Samedi, le président américain s’est prononcé avec prudence sur le cryptage des données et a refusé de prendre clairement parti. The Time rapporte ses propos : « Nous ne devons pas avoir un point de vue absolutiste ». Barack Obama appelle donc les fabricants à faire des concessions tout en défendant les libertés civiles.
Néanmoins, CNN partage aussi les propos d’une source, haut placée dans l’industrie des téléphones. Celle-ci affirme que les fabricants coopèrent déjà avec la justice de beaucoup de pays, en particulier la justice française depuis les attentats contre Charlie Hebdo.