Mariage Orange/Bouygues : le président de l’ARCEP s’inquiète d’un retour en arrière dans l’ouverture à la concurrence

Mariage Orange/Bouygues : le président de l’ARCEP s’inquiète d’un retour en arrière dans l’ouverture à la concurrence
 
Sébastien Soriano, le président de l’Autorité de régulation des télécoms, s’est exprimé aujourd’hui devant la commission des affaires économiques du Sénat afin de discuter des priorités actuelles mais aussi futures de l’ARCEP. Parmi ces priorités, Sébastien Soriano a décidé d’évoquer le possible rachat de Bouygues Télécom par Orange en affirmant que l’autorité qu’il préside sera très vigilante sur le respect de la concurrence si un retour à trois opérateurs devait s’effectuer :
 
« Nous serons très vigilants si cette concentration se fait dans la mesure où elle est un peu originale. Ce que nous connaissons depuis 19 ans dans le secteur des télécoms, c’est que des « petits » se marient entre eux pour devenir des « moyens ». C’est le processus naturel d’une ouverture à la concurrence. Aujourd’hui, l’hypothèse qui est sur la table, ce serait que le plus gros se marie avec un moyen. C’est une situation assez différente, car ce que nous voulons éviter, c’est un retour en arrière dans l’ouverture à la concurrence. On a bien vu tous les bénéfices de cette ouverture à la concurrence et donc un retour en arrière nous inquiéterait. Nous serons particulièrement vigilants aux situations de marché dans lesquelles la concurrence est limitée ou dans laquelle la position de l’opérateur historique est demeurée très forte, comme le marché des entreprises, qui est un quasi-duopole. Or, la numérisation des PME est un élément extrêmement important de la compétitivité de notre pays et nous sommes en retard. Cette numérisation passe par l’accès au réseau numérique et nous serons donc vigilants au fonctionnement de ce marché ».