Passage de LCI en gratuit : le PDG de NextRadioTV trouve la décision du CSA “très injuste” et affirme que “BFMTV dérange le pouvoir, quel qu’il soit”

Passage de LCI en gratuit : le PDG de NextRadioTV trouve la décision du CSA “très injuste” et affirme que “BFMTV dérange le pouvoir, quel qu’il soit”
 
 
Le président-directeur général de NextRadioTV, Alan Weill, s’est exprimé dans une interview accordée au journal Le Monde sur sa décision de porter deux recours devant le Conseil d’État afin de contester le passage de la chaîne LCI sur la TNT gratuite. Le patron du groupe de médias (propriétaire de la chaîne BFMTV), co-détenu par Patrick Drahi, évoque un « risque démocratique », du fait de la domination des « groupes dominants » que sont TF1 et France Télévisions :
 
« Cette décision est très injuste. Je n’arrive pas à comprendre la volte-face du Conseil supérieur de l’audiovisuel après ses deux décisions refusant le passage de LCI en gratuit. Je ne comprends pas quelle est la vision du CSA sur l’information à la télévision. L’arrivée d’une troisième chaîne d’information voire d’une quatrième, publique, ne fera que renforcer la position des acteurs historiques au détriment des nouveaux entrants : TF1 et France Télévisions totalisent déjà 70 % du temps d’audience de l’information à la télévision » Puis, il affirme que "BFM-TV dérange le pouvoir, quel qu’il soit. Car BFM-TV comme Itélé sont des chaînes indépendantes, qui parfois appuient là où ça fait mal."
 
Évoquant le pluralisme de l’information et des opérateurs, Alain Weill a des paroles plus sévères concernant le passage en gratuit de la chaîne LCI :
 
« Son nouveau projet est un leurre. C’est une supercherie de penser qu’on peut faire une chaîne d’information différente des autres : ce sont les événements qui imposent le traitement, à chaud, comme on le voit aujourd’hui avec la couverture en direct des événements au commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris, y compris sur LCI »
 
Même si le PDG de NextRadioTV ne se dit pas formellement opposer à la création d’une quatrième chaîne d’informations gratuite, ce dernier confirme que des suppressions d’emplois auront tout de même lieu à BFMTV :
 
« Je confirme que nous serons amenés à adapter les charges de BFMTV au nouvel équilibre à trois ou quatre chaînes d’info. Ce n’est ni du bluff, ni une menace, c’est une conséquence d’une décision prise par d’autres. C’est trop tôt pour préciser un nombre de postes, mais devant le CSA, nous avions parlé du risque d’avoir à faire 10 millions d’euros d’économies »