Pour Altitude Infrastructure, fibrer l’entièreté du territoire français pour 2022 n’est pas réalisable

Pour Altitude Infrastructure, fibrer l’entièreté du territoire français pour 2022 n’est pas réalisable
 
 
Altitude Infrastructure est, aujourd’hui, un acteur de premier plan dans le cadre du Plan France Très Haut Débit lancé par le gouvernement au printemps 2013 avec 19 RIP (Réseaux d’Initiative Publique) en cours et un cap d’un million de prises FTTH (Fiber To The Home, traduisez Fibre à domicile) contractualisées. Le Plan France Très Haut Débit prévoit, à terme, un déploiement du très haut débit sur l’entièreté du territoire français en 2022 grâce à un plan d’aide de 20 milliards d’euros sur dix ans. David El Fassy, le président d’Altitude Infrastructure, a accepté de s’entretenir avec Univers Freebox sur ce plan gouvernemental et sur les activités de son organisation.
 
Univers Freebox : – Pourquoi est-ce que les nouvelles tarifications des réseaux de l’ARCEP dans le cadre des RIP est une bonne nouvelle pour vous ? Eu égard à la stratégie des Grands opérateurs ?
 
David El Fassy : La publication des lignes directrices de l’ARCEP était une attente forte pour nous. Nous avons le sentiment d’avoir été entendus et nous sommes globalement satisfaits des orientations retenues. D’une part, parce que nous investissons tous les jours dans le déploiement de nouveaux réseaux, aux côtés de collectivités et de partenaires industriels et financiers, et que nous avions un réel besoin de visibilité sur la manière dont nous allions pouvoir les vendre. Et d’autre part, parce que l’ARCEP s’est prononcée sur un tarif cohérent pour les services activés, ce qui va permettre aux opérateurs alternatifs de venir stimuler le marché du THD sur les RIP tout en maintenant une incitation forte à co-investir sur les réseaux.
 
– Quels sont les enjeux pour votre société dans le Plan France Très Haut Débit ? Qu’est-ce que ce plan va vous apportez ?
 
Nous avons besoin de proposer des plaques attractives et un volume de clients important à nos partenaires opérateurs de services. Nous devons donc renforcer notre portefeuille de prises commercialisables. Fin 2015, nous avons dépassé le cap du million de prises contractualisées, et nous entendons continuer à prendre des parts de marché. Pour cela, nous disposons d’un savoir-faire reconnu sur le Très Haut Débit et d’un outil de production global performant pour accueillir le marché de masse qui se présente à nous.
La dynamique du Plan France Très Haut Débit a clairement lancé le mouvement et a incité les collectivités à prendre leur destin numérique en main. Ce mouvement de fond va continuer puisque le Plan est aujourd’hui piloté et que les Collectivités se mobilisent.
 
– Comment voyez-vous l’avenir de la fibre optique en France avec les nouvelles mesures mises en place par l’ARCEP ?
 
Nous pouvons toujours déplorer le décalage entre la prise de certaines décisions et les besoins opérationnels sur le terrain, notamment sur les sujets liés à l’hébergement et à la collecte des NRO sur les réseaux FTTH ; mais à date, force est de constater que l’ARCEP joue pleinement son rôle d’encadrement du marché et de diffusion de bonnes pratiques au travers de ses recommandations.
Nous disposons d’interlocuteurs ouverts et œuvrons ensemble pour concevoir les règles applicables sur les réseaux de demain.
 
– Pensez-vous que l’objectif du gouvernement de fibrer l’entièreté du territoire français en 2022 est réalisable ?
 
Clairement non. Mais ce n’est pas là le plus important pour nous. L’important, c’est qu’en 2022, tous les territoires, toutes les communes, disposent d’une visibilité réelle sur leurs perspectives de bascule vers le tout fibre, et que les opérateurs disposent de visibilité sur la bascule du cuivre vers la fibre.
 
Nous vous proposons de découvrir la suite de cette interview concernant le déploiement des RIP et l’utilisation des réseaux d’Altitude Infrastructure par Free, Bouygues Telecom, Orange et SFR.