Numericable-SFR propose 10 milliards à Bouygues Télécom. Free reprendrait des fréquences, des antennes et des boutiques !

Numericable-SFR propose 10 milliards à Bouygues Télécom. Free reprendrait des fréquences, des antennes et des boutiques !

Après le feuilleton du Printemps, celui de l’été s’amorce ? Il ne pouvait pas mieux tomber en ce 21 juin. Patrick Drahi va-t-il s’offrir Bouygues Télécom après avoir racheté SFR et Virgin Mobile ? Visiblement, l’homme d’affaires ne veut pas lâcher le morceau et souhaite, à tout prix, engloutir la branche Télécom de Martin Bouygues.

Ce rachat permettrait à son Groupe, Altice (également propriétaire de Numericable), de disposer d’un bien meilleur réseau mobile et bien plus avancé en terme de 4G. Parallèlement, la dette du groupe atteindrait plus de 40 milliards d’euros. Ce qui ne semble nullement l’effrayer.

10 milliards d’euros en cash pour racheter Bouygues Télécom

Lequel est le prédateur de l’autre ? Chaque mois apporte son lot de rebondissements dans cette affaire. Après une énième hésitation autour de 8 milliards d’euros début février, Patrick Drahi a proposé pour reprendre la totalité de Bouygues Télécom, « 10 milliards d’euros en cash. Un montant très élevé de 25% plus cher que les 8 milliards estimés par les marchés » indique en exclusivité le Journal du Dimanche.

Martin Bouygues a tout compris !

Le conseil d’administration de Bouygues est convoqué mardi pour étudier cette nouvelle offre, même si des bruits de couloirs laissent déjà apparaître quelques désaccords. « L’offre de Drahi n’est pas convenable et pas bouclée, notamment financièrement » fustige l’un des administrateurs de Bouygues, qui s’inquiète notamment des interventions de l’Autorité de la Concurrence.

Martin Bouygues laisse quant à lui sous entendre qu’il pourrait lâcher son bébé pour 11 milliards d’euros, pas 10, mais 11 milliards d’euros, sachant pertinemment que le groupe Altice n’est plus à un milliard près (celui-ci étant déjà assis sur une pyramide de dettes de 32 milliards d’euros).

Il a dit non aux 6 milliards de Free, contre l’avis de tous, et il a bien fait !

Mort disait-on de lui par erreur. Non, il ne l’est sûrement pas ! Comme le rappelle le JDD, Martin Bouygues a réalisé un véritable coup de maître. Si la transaction se déroule comme il l’a imaginé, son tour de passe-passe lui permettra d’augmenter considérablement le montant du chèque à encaisser.

C’est plus que les 8 milliards présentés par Orange et c’est quasiment le double de la somme proposée par Free. Il a dit non aux 6 milliards de Free, contre l’avis de tous, et il a bien fait. Un coup de poker qui lui permet de doubler les gains.

Pour Free : « des fréquences, des antennes et des boutiques Bouygues (…) sans dépenser des fortunes »

En cas de rachat de la branche Télécom de Bouygues, Patrick Drahi devra impérativement accepter d’importantes concessions devant l’Autorité de la concurrence. C’est pourquoi il est préférable de préparer le terrain avec Free. Malgré les relations compliquées que les deux hommes entretiennent, Patrick Drahi aurait d’ores et déjà trouvé un accord avec Xavier Niel. Free « devrait reprendre des fréquences, des antennes et des boutiques Bouygues », afin que l’Autorité de la Concurrence ne brandisse pas son veto.

Xavier Niel doublerait ainsi « sa part de marché de 10 à 20 % sans dépenser des fortunes » explique le JDD. Le rachat d’un opérateur complet, en plus d’être très coûteux, est de moins en moins intéressant pour Free. D’une part, l’opérateur a déjà recruté plus de 10.5 millions d’abonnés. D’autre part, Free Mobile a déployé un réseau qui couvre plus de 78% de la population en 3G (et un objectif de 60% en 4G à la fin de cette année). La couverture de son réseau mobile est ainsi passée de 27% en 2012 à plus de 78% aujourd’hui. 

Toutes ces raisons auraient mené Xavier Niel à accepter les propositions de son rival.

Orange est pour la consolidation du marché des télécoms

De son côté, le patron du groupe Orange, Stéphane Richard, qui milite pour un marché à trois opérateurs ne devrait pas s’y opposer et pourrait accueillir « plusieurs centaines de salariés de Bouygues Télécom pour assurer les garanties sociales. Les 30 000 départs à la retraite qu’Orange va gérer d’ici 2020 lui permettront d’absorber tous ces nouveaux effectifs », précise le JDD. 

En contre partie, l’opérateur historique pourrait « demander de récupérer des abonnés Virgin Mobile par exemple ».

Source : Le JDD / Image : Sipa.