Pour Bouygues Télécom, le manque de fréquences de Free Mobile est « le fruit de sa stratégie industrielle »

Pour Bouygues Télécom, le manque de fréquences de Free Mobile est « le fruit de sa stratégie industrielle »

Le 18 mai dernier, Olivier Roussat, PDG de Bouygues Télécom, était l’invité de BFM Business. Au cours de cet entretien d’une vingtaine de minutes, celui-ci a été interrogé sur les nombreux sujets qui animent les débats dans les télécoms… le déploiement de la fibre, la guerre des prix et de la 4G.

Autre point abordé, les fréquences 700MHz. Alors que l’ARCEP ne devrait finalement pas réserver un lot de fréquences 700 MHz à Free Mobile, l’opérateur a perdu la première manche de son lobbying. Rien n’est cependant encore perdu puisque, comme l’indiquait l’ARCEP dimanche, aucune décision n’est encore prise. Il existe en effet d’autres moyens pour assurer le ré-équilibrage des fréquences entre les opérateurs.

« La puissance financière de Free est telle, qu’il a les moyens de mettre beaucoup, beaucoup d’argent sur la table »

Concernant l’attribution des fréquences, le PDG de Bouygues Télécom considère que Free n’a pas choisi une bonne stratégie industrielle . « Il faut comprendre les raisons pour lesquelles Free a le spectre de fréquences qu’il possède. Lorsqu’il a candidaté pour les fréquences 2100, les fréquences 3G, on lui offrait 3 blocs, il n’en a choisi qu’un. Il pouvait en acheter 3, il n’en a acheté qu’un. Quand il y a eu l’attribution des blocs 800, il était possible de sécuriser un bloc, il n’en a pas acheté finalement […]. Maintenant, si factuellement, on se demande s’il en a moins que les autres, c’est vrai. Mais la question qu’il faut se poser : est-ce le fruit de sa stratégie industrielle ou le fruit du hasard ? » Et de préciser que, « c’est plutôt le fruit de sa stratégie industrielle ».

Free dispose en effet de beaucoup moins de fréquences que ses concurrents, et il en a absolument besoin pour continuer son développement. Comme il le craint, Free pourrait ainsi être obligé de surpayer ces fréquences. 

Interrogé concernant les recrutements de Free Mobile au 1er trimestre 2015 (420 000 nouveaux abonnés pour Free Mobile contre 197 000 pour Bouygues Télécom), le PDG de Bouygues Télécom répond en souriant, « ça, c’est ce que disent les chiffres, oui ». A noter, plusieurs erreurs sont présentes dans le tableau des recrutements diffusé (en arrière-plan) par BFM Business, et notamment celui intitulé, Bilan au 1er trim. 2015 des opérateurs. Orange n’a pas recruté 420 000 nouveaux abonnés au premier trimestre 2015 (c’était plutôt Free). Par ailleurs, SFR n’a pas perdu 444 000 abonnés (mais plutôt -144 000).

Les bons chiffres des recrutements dans le Mobile au 1er trimestre 2015 sont les suivants :

1. Free Mobile : +420 000

2. Bouygues Télécom : +197 000

3. Orange : +164 000

4. SFR-Numericable : -144 000

Par ailleurs, Oliver Roussat se félicite de ne pas avoir baissé un seul tarif depuis octobre 2013 dans la 4G. « Nous n’avons pas baissé un seul tarif depuis octobre 2013 […] Nous n’avons pas revu notre structure tarifaire 4G, inchangée depuis octobre 2013, alors que nous avons un opérateur qui est à 20 Go pour 20 euros. Il y en a même un, SFR, qui a annoncé 40 Go pour 20 euros » (il s’agit du forfait Power 20Go + Avantage 20Go à 25.99 euros, Sous certaines conditions, l’offre est réservée aux 100 000 premiers clients Fibre NDLR).