SFR-Numericable : « Ne vous inquiétez pas, ça va bientôt s’arranger »

SFR-Numericable : « Ne vous inquiétez pas, ça va bientôt s’arranger »


Inexorablement, Numericable-SFR continue son drôle de chemin, bien que plusieurs sonnettes d’alarme eussent déjà été tirées. D’abord par le lancement d’une procédure de médiation entre le Syntec Numérique et l’opérateur depuis le début du mois ; puis par un courrier de la CFE-CGC dénonçant des méthodes « contreproductives économiquement », voire « irrespectueuses pour l’être humain ». Il fut notamment reproché à Patrick Drahi « d’anéantir la culture de SFR et son image de marque ».

Jusqu’à maintenant, les salariés s’étaient refusés à tout commentaire, mettant en avant le climat de crainte qui régnait dans les locaux. Aujourd’hui les langues se délient via un mail envoyé à la direction du groupe par un médecin du travail. Celui-ci évoque des « troubles du sommeil », des « crises de larmes » et des « consommations accrues d’anxiolytique ». Ces symptômes font désormais partie du quotidien des salariés de SFR Business Team à Meudon. Le médecin qui a alerté la direction signale une « tension palpable au quotidien, beaucoup de méfiance, entraînant une dégradation du climat socioprofessionnel ». Son mail n’a pas trouvé de réponse de la part de SFR-Numericable. 

Pour beaucoup, la dégradation des conditions de travail chez SFR-Numericable serait directement liée à la manière dont Patrick Drahi a acquis l’entreprise. Avec un rachat par endettement, le tycoon des télécoms avait levé près de 16,5 milliards d’euros, et doit aujourd’hui en rembourser 11, à raison de quelques 60 millions d’euros par mois. La direction avait alors fait la promesse de ne licencier personne pendant 3 ans, mais certains salariés ont remarqué une recrudescence des démissions depuis quelques mois. Il serait question de 200 départs… Mais le chiffre réel est impossible à vérifier.

Un semblant d’explication a été donné par Eric Denoyer à l’occasion d’un petit discours dans l’auditorium du siège : « Nous avons conscience que le changement rapide crée des difficultés dans l’entreprise, mais c’est normal : ne vous inquiétez pas, ça va bientôt s’arranger ».

Source : L’Humanité Dimanche