L’Europe souhaite concurrencer les Etats-Unis pour la gouvernance d’Internet

"Nous avons possédé Internet. Nos entreprises l’ont créé, développé et amélioré de telle manière que l’Europe ne puisse pas lutter" affirmait le 17 février dernier Barack Obama, le président des Etats-Unis, au site web Re/code. Une déclaration qui est loin d’enchanter le français Stéphane Richard, le patron d’Orange, dénonçant un "impérialisme et un colonialisme américain en matière de numérique", comme le rapporte la Tribune. Quant aux dirigeants européens, aucun n’a riposté mais, une chose est sûre : l’Europe refuse de continuer à être une colonie du monde numérique américain. En effet, Google, moteur de recherche, et l’Icann (ndlr, autorité de régulation d’Internet chargée de l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet), deux quasi-monopoles américains, sont largement contestés.

Concernant la gouvernance mondiale et équilibrée d’Internet, l’année 2015 pourrait être décisive. D’après Louis Pouzin, co-créateur d’internet, interrogé par la tribune, les Etats européens pourraient parfaitement s’affranchir de la gouvernance étatsunienne sur l’Internet, s’ils en avaient la volonté. Les Etats "peuvent gérer leurs domaines de premier niveau de noms géographiques, tels que ".fr" pour la France, comme prévu dans l’agenda de Tunis ; ils peuvent créer leurs extensions et leur DNS comme l’ont fait des sociétés privées avant la création de l’Icann ; ils peuvent rapatrier leurs ".com", ".org", ".net" et autres extensions accaparées par les Etats-Unis et les mettre à l’abri du FBI" avance-t-il au quotidien.

Il faut savoir que la création du web est en partie française, le fruit d’une collaboration de Louis Pouzin avec l’américain Vinton Cerf, avec la mise au point d’un réseau de transmission de "paquets" dans les années 1970. Malheureusement, France Télécom était hostile face à cette invention et s’en mord les doigts aujourd’hui, rappelle le quotidien la Tribune.