Qu’attendre de 2015 dans le secteur des télécoms français ?

Qu’attendre de 2015 dans le secteur des télécoms français ?

En cette fin 2014, le monde des télécoms est plus que jamais bouleversé et à un carrefour. Au lendemain de l’annonce du deuxième dividende numérique pour décembre 2015, les télécoms français sont en pleine mutation.

Au cœur de ce changement, le passage au premier plan d’un acteur comme Numericable, rachetant coup sur coup, SFR, Virgin Mobile et en ce moment Portugal Télécom. Dette sur dette sur dette ne donne que de la dette. A 12 mois de devoir se positionner sur les enchères des 700 MHz, le nouvel ensemble aura-t-il les reins assez solides pour devenir comme il le prétend le n°1 de la convergence sur le très haut débit.
 
Autre acteur au cœur des préoccupations : quid de Bouygues Telecom ? Ayant annoncé un plan social d’envergure, s’apprêtant à déménager de la tour Séquana d’Issy Les Moulineaux au technopole de Meudon, c’est une période de vaches maigres pour Bouygues Télécom. Cassant les prix sur le fixe, cherchant à créer de la valeur sur la 4G, selon Challenges, Olivier Roussat, PDG de Bouygues Télécom annonce avoir "dit à Martin Bouygues" que son opérateur allait se "préparer pour la guerre de Cent Ans." Pour le moment, il n’est pas question pour Bouygues de vendre sa filiale télécom, rejetant successivement les assauts d’Iliad, d’Orange, et même de la nouvelle entité SFR-Numericable. Selon un banquier d’affaires, le fin reste pourtant inéluctable "Bouygues Télécom finira par se faire racheter, il n’a aucune marge de manœuvre, car il ne génère pas de trésorerie."
 
Quid des deux autres acteurs ? Pour Free, l’échéance de 2015 sonne comme deux grands rendez-vous déjà pris avec les autorités. Le premier permettra d’attaquer 2015 en toute sérénité, si Free passe, comme il le prétend, la barre des 75 % de la population couverte en 3G avec son propre réseau. Xavier Niel se targuait récemment d’être au-dessus. La vérification par l’ARCEP devrait être un des grands moments de 2015. En décembre 2015, le deuxième dividende numérique et les enchères sur les 700 MHz verront aussi Free Mobile se positionner. L’opérateur peut difficilement se permettre de passer à côté. A l’heure ou d’autres opérateurs agrègent leurs fréquences pour faire de la 4G+, Free Mobile est pour le moment coincé avec sa seule bande en 2600 MHz. Free Mobile a d’ailleurs déjà manifesté son intérêt pour les 700 MHz.
 
L’opérateur prépare également quelques surprises avec 2 keynotes prévues pour l’année à venir. L’une concernant un "petit truc", peut être une box intermédiaire, et en fin d’année si le calendrier annoncé est respecté, l’arrivée de la V7, la remplaçante de la Freebox Révolution. Sur le mobile également, les dirigeants de Free annoncent qu’ils vont reprendre les armes. Pour Maxime Lombardini, "quand nos concurrents disent que la baisse des prix est terminée, ils s’avancent un peu."
 
Enfin pour Orange, la vie est presque un long fleuve tranquille. 1er sur le déploiement des réseaux FTTH, ayant dépassé Bouygues Télécom sur le volet de la 4G, Orange va devoir conserver sa place de leader et maintenir l’avance qu’il a sur ses concurrents. Reste à savoir comment l’opérateur confronté à des départs en retraite va réussir à maintenir le rythme malgré la baisse de ses effectifs.
 
La réglementation pourrait également évoluer à l’échelle de l’Europe, la fin du roaming au sein de l’Union Européenne étant prévu pour décembre 2015. En tout cas 2015 s’annonce d’ores et déjà passionnante.