Xavier Niel sur Bouygues Télécom, « on n’est pas acheteur, on aura durablement quatre acteurs »

Xavier Niel  sur Bouygues Télécom, « on n’est pas acheteur, on aura durablement quatre acteurs »

A l’occasion de son interview par Stéphane Soumier dans Good Morning Business, le fondateur de Free et actionnaire majoritaire d’Iliad est revenu sur les perspectives de consolidation et d’expansion de l’opérateur.

Si certains espéraient qu’après l’échec des négociations avec T Mobile US, Iliad se retournerait vers la consolidation en France, il n’en est rien. Concernant Bouygues, Xavier Niel l’annonce avec assurance : « on n’est pas acheteur et comme pour des raisons concurrentielles, la consolidation ne peut pas se faire sans nous, on aura durablement quatre acteurs. »

Il revient également sur l’échec des négociations avec T Mobile US. Pour lui, si l’opération n’a pas abouti, ce n’est pas une histoire de plus-value et de niveau de l’offre d’Iliad. Il nous livre son analyse concernant l’échec de ces négociations :

« On a un vendeur qui s’est dit : " moi je suis le plus gros en Europe, mon plus gros actif est aux Etats-Unis, si je le vends demain je vais me retrouver avec beaucoup de cash, des dividendes à verser et si un jour les politiques me demandent de fusionner avec Orange, je n’aurais plus le dessus. " »

Il estime également que le refus de Deutsche Télékom est une histoire d’égo, « j’ai le troisième ou quatrième opérateur français, vu de l’Allemagne c’est pas grand chose, qui veut me racheter mon premier actif, imaginez qu’il réussisse et qu’il fasse vraiment ce qu’il dit …»

Pour lui le dossier de T Mobile US faisait sens dans les perspectives de développement d’Iliad à l’international :

« Un jour, un dirigeant arrive chez T Mobile, commence à avoir une stratégie « copiée-collée » sur celle qu’on avait lancée en 2012, qui fait un show, qui utilise les mêmes mots que nous.»

Iliad s’est donc mis à suivre T Mobile de très près et estime alors que « John Legere met en place une stratégie exceptionnelle, mais ne structure pas la boite comme il faut pour répondre à cette stratégie commerciale. » Pour lui, Iliad avait le savoir-faire pour faire encore baisser les prix et générer « du cash ». Il déclare également que la FCC (Régulateur des Télécoms et Autorité de la Concurrence) était très enthousiaste à l’idée de l’arrivée d’Iliad sur le continent américain.

Pour Xavier Niel, d’ici à quatre ans, Iliad devra trouver d’autres perspectives de croissance dans les télécoms. Néanmoins si un rachat devait intervenir à l’international, elle n’aurait pas lieu avant « un an et demi, deux ans, le temps d’examiner les dossiers. » Il balaye ainsi les rumeurs actuelles prêtant à Iliad des velléités suisses.