LCI : TF1 plaide devant le Conseil d’État et tacle une nouvelle fois l’offre du Monde Libre

LCI : TF1 plaide devant le Conseil d’État et tacle une nouvelle fois l’offre du Monde Libre
 
TF1 plaidait hier devant le Conseil d’État pour obtenir en urgence une suspension de la décision du CSA refusant le passage de sa chaîne d’information en continu, LCI, en gratuit.
 
Sans surprise, le groupe TF1 se dit victime d’une "décision déséquilibrée, presque unilatérale" de la part du CSA et souhaite se soumettre "à une nouvelle instruction devant le CSA."
 
Les propriétaires de LCI n’hésitent pas à faire du chantage à l’emploi estimant que si la décision était suspendue, TF1 s’engageait à bloquer son plan de restructuration et de licenciement de 148 postes. En cas de passage en clair, le groupe audiovisuel se dit même prêt à de "nouvelles embauches dès novembre." Pour Nonce Paolini, même si passer en gratuit constitue un risque économique, "entre une mort subite et une chance de survie, je choisis la chance de survie."
 
Nonce Paolini a une nouvelle fois profité de cette tribune pour tacler l’offre faite par Le Monde Libre, de Xavier Niel, Pierre Bergé et Mathieu Pigasse : "je vis tous les jours avec les déclarations totalement irresponsables du Monde Libre ou prétendu comme tel. Le Monde a deux plans sociaux en cours. Comment pretend-il reprendre LCI ?"
 
L’avocate du CSA a de son côté rappelé que "le CSA n’a pas pour mission de protéger une chaîne en particulier, mais d’assurer le pluralisme de l’information" avant de renvoyer la faute à TF1 qui a par le passé refusé à plusieurs reprises le passage de LCI sur la TNT gratuite.
 
Du côté des opposants au passage de LCI en clair, les deux concurrents iTélé et BFM TV avaient fait le déplacement pour soutenir la décision du CSA. Pour Alain Weill président de Nextradio, propriétaire de BFM TV, "l’arrivée de LCI en gratuit, nous inquiète considérablement. Ce serait un vrai danger pour la pérennité de notre entreprise".
 
"0,3% de part de marché publicitaire en moins et BFM repasserait dans le rouge" confirme l’avocat du groupe. Pour lui la date fatidique du 31 décembre, imposée par TF1, n’est qu’un "écran de fumée", la chaîne disposant d’une autorisation jusqu’en 2022. Pour lui, les conditions d’urgence pour suspendre la décision du CSA ne sont pas remplies, Orange ayant fait une proposition "à hauteur de plusieurs millions d’euros" pour distribuer la chaîne. Selon Satellifax, elle s’élève entre 3 et 4 millions d’euros HT par an pendant deux ans.
 
La décision du Conseil d’État devrait intervenir dans les jours qui viennent. En cas de refus, TF1 n’aurait plus qu’une cartouche à faire valoir, la requête déjà déposée en annulation dont la décision doit être rendue en 2015.