Patrick Drahi : “le business n’interdit pas la gentillesse et la générosité, au contraire !”

Le businessman à la tête de Numéricable et en passe de racheter SFR, d’habitude si discret, tente désormais l’opération séduction.

Pour faire face aux différentes critiques concernant son évasion fiscale, sa double-nationalité, sa tendance à racheter puis licencier à tour de bras dans les entreprises, Patrick Drahi tente de montrer un autre visage.
 
Dans un portrait paru dans Les Echos, le financement de Libération d’abord 4 millions d’euros en plan de sauvetage puis 14 millions d’euros d’investissement supplémentaires. Il veut montrer qu’il n’est pas seulement un investisseur doté de talents pour jouer avec les chiffres.
 
"Tout ce que j’entreprends, je le fais avec cœur. Le business n’interdit pas la gentillesse et la générosité, au contraire."
 
Il a également donné 10 millions d’euros à la Fondation-Télécom Paristech, ce qu’aucun ancien de Polytechnique faisant partie du CAC 40 n’avait pas fait ce genre de cadeau.
 
L’entrepreneur Pascal Béglin, qui l’a fréquenté dans les années 2000, estime que ce n’est pas que pour l’image :"il était déjà généreux, il y a 20 ans."
 
Attaché aux valeurs de la famille, mariée depuis plus de 25 ans Patrick Drahi annonce que son "rêve est que mes quatre enfants viennent travailler avec moi."
 
Ses plus proches collaborateurs chez Numericable, Hot ou Altice sont là depuis longtemps. Pour lui, "la première qualité, c’est la loyauté." Ce qui n’est pas le cas chez Hot ou 3 400 des 5 000 emplois ont été externalisés ou supprimés à son arrivé.
 
Homme de bien ou stratège hors pair, tous s’accordent néanmoins à dire que dans les affaires, il est le roi du bluff, capable de lever plusieurs milliards d’euros pour racheter SFR, un opérateur 5 fois plus que gros que Numericable. Selon un banquier, "la cotation de Numericable en novembre puis du holding Altice en janvier a été réglé comme du papier à musique. Tout cela était extrêmement bien planifié en vue d’acheter SFR."
 
Source : Les Echos