Olivier Roussat sur Free Mobile : “nous faire ainsi rouler dans la farine nous tue ! “

Olivier Roussat  sur Free Mobile :  “nous faire ainsi rouler dans la farine nous tue ! “

 Olivier Roussat PDG de Bouygues Télécom et Didier Casas secrétaire général ont évoqué leurs diffciultés devant la Commission des Affaires Economiques du Sénat. C’était également l’occasion pour l’opérateur en grande difficulté de s’en prendre une nouvelle fois à Free Mobile.
 
Pour les deux représentants de Bouygues Télécom, l’ensemble de leurs difficultés proviennent de l’arrivée du quatrième opérateur et la liste des accusations à l’égard de Free Mobile est plutôt longue : "nous contestons les conditions financières d’attribution de la licence avec un rabais sur les prix et les conditions d’introduction du quatrième opérateur sur le marché."
 
Pour Bouygues Télécom, l’accord d’itinérance avec Orange est "une violation manifeste de la concurrence. Ses prix d’abonnement très bas nous ont obligé à nous aligner, détruisant par là même nos capacités d’investissement."
 
Pour Bouygues Télécom, "l’itinérance est un « cancer » dans les zones très denses" et ce n’est pas la première fois qu’il le dénonce, Free Mobile n’investit pas assez dans le déploiement de son réseau : "Free explique qu’il a beaucoup de mal à déployer son réseau parce qu’il est devenu très difficile de trouver des sites. On sent bien que du côté du régulateur, on a très envie de le croire. Mais je pose la question : Orange vient d’installer 5 000 sites 4G en moins de 20 mois pour rattraper le retard qu’il avait sur Bouygues Telecom, pourquoi Free ne serait pas capable d’installer plus de 2800 sites en cinq ans ? Quand on veut, on peut !"
 
Mais pour les deux hommes représentant Bouygues Télécoms, concernant Free Mobile, le calcul est simple : "avec des abonnements à 20 euros, il est impossible de couvrir les dépenses d’investissement, sauf à dégrader ses comptes, ce que Free ne veut bien sûr pas faire. Elle est là, l’explication. Mais l’autorité de régulation ne faisant rien, ne réagissant pas, la situation économique des trois opérateurs continue de se dégrader."
 
Ayant interpelé sur le sujet l’Autorité de la Concurrence, Arnaud Montebourg, l’ARCEP, Bouygues Télécom a ainsi l’impression que ses plaintes sur le sujet n’ont pas été entendues : "j’ai fini par saisir le conseil d’Etat il y a trois semaines" lequel a renvoyé Bouygues Télécom vers l’Autorité de la Concurrence.
 
Pour lui le calcul de la couverture par l’ARCEP en vue du respect des obligations de Free en matière d’investissement est aussi biaisé : "Ce qui est vérifié par l’Arcep, c’est la couverture théorique par le réseau de Free, mais pas la couverture effective. Quelle est la différence ? Tout simplement le nombre d’antennes dont vous avez besoin pour couvrir effectivement et éponger tout votre trafic quand vous n’avez pas le filet de sécurité d’Orange. […] Quand le nombre de communications augmente sur un relais de Free, réduisant par la même, la qualité, l’itinérance prend le relais. Tel n’est pas le cas pour nous, qui devons augmenter le nombre de pylônes pour maintenir la qualité de notre réseau. Ces différences de traitement ne sont pas prises en compte par l’Arcep."
 
Même topo sur le dossier des zones blanches, dossier pour lequel l’ARCEP a ouvert une enquête administrative la semaine passée. Bouygues Télécom s’en prend une nouvelle fois à Free :
 
"Savez-vous que le dernier opérateur mobile ne paie pas pour les zones blanches ? Alors, pour quelles raisons un Bouygues Telecom appauvrit devrait-il couvrir un tiers des dépenses pour installer la 3G sur tout le territoire alors que celui qui a déstabilisé le secteur et qui s’est enrichi n’a rien à payer ? C’est bien sûr scandaleux ! Il faut réviser la convention et s’assurer que les quatre opérateurs investissent. Nous sommes exsangues et devons faire face à une règle du jeu faussée. Nous faire ainsi rouler dans la farine nous tue !"