Orange attaque l’accord du mutualisation des réseaux de Bouygues Télécom et SFR

Orange attaque l’accord du mutualisation des réseaux de Bouygues Télécom et SFR

Il ne veut pas être le dindon de la farce. Orange a déposé une plainte auprès de l’Autorité de la concurrence contre l’accord de mutualisation d’une partie des réseaux mobiles de Bouygues Télécom et SFR. En déposant cette plainte assorties de mesures conservatoires, l’opérateur historique demande la suspension immédiate de ce partage de réseaux mobiles. Un comble pour Orange qui cherche à mutualiser son réseau 4G avec Bouygues, et même si le régulateur des télécoms (l’ARCEP) avait aussitôt réagi en accueillant « favorablement l’accord » et rappelait que « le principe d’accord de mutualisation de réseaux mobiles est encouragé, sous certaines conditions ».

Pour Orange, ce partage de réseaux qui concerne 57% de la population est totalement anti-concurrentiel. L’opérateur critique notamment le mode de mutualisation. Chaque opérateur gère une large partie du territoire pour le compte de l’autre. « Cela aurait pour effet de rendre la mutualisation irréversible, critique l’opérateur, en créant une dépendance bien peu conforme à la libre concurrence. Orange craint par ailleurs que Bouygues et SFR aillent plus loin que ce qui a été annoncé, et qu’ils partagent leurs fréquences, notamment les précieuses fréquences 800 MHz permettant de couvrir de vastes zones en 4G », expliquent Les Echos.

Orange soupçonne également SFR et Bouygues de vouloir se servir des 69% de couverture du réseau 4G de Bouygues, pour remplir les obligations de couverture de SFR. Ce dernier s’est engagé à partager « ses fréquences 4G 800 MHz avec Free Mobile, mais n’a pas encore beaucoup déployé. La perspective d’un tel partage n’est donc pas très attrayante pour le quatrième opérateur »

Par ailleurs, Bouygues et SFR se sont engagés à démonter près de 7.000 antennes. « Plutôt que de les démonter purement et simplement, ils pourraient les céder à Free Mobile qui en a besoin. Orange réclame de la transparence et un processus ouvert, car il veut aussi pouvoir acheter des antennes, aux mêmes conditions que Free ».

Enfin, du côté de Numericable (nouveau propriétaire de SFR), on assure qu’il n’y a pas de clauses de rupture en cas de changement d’actionnaires. Mais une sortie de cet accord avec SFR, conduirait Bouygues à lui verser des pénalités, avait estimé Jean-Yves Charlier PDG de SFR. On estime à 1 milliard la somme que devrait versé Bouygues pour se désengager de cet accord.

Malgré sa brouille actuelle avec SFR, Bouygues Télécom « s’est donc résigné à poursuivre les travaux de mutualisation. Après tout, ils lui permettent de réduire ses coûts de fonctionnement (environ 100 millions d’euros par an) et d’investissement, tout en étoffant sa couverture. Mais Bouygues Telecom n’est sans doute pas fâché, pour une fois, d’être attaqué devant l’Autorité de la concurrence en compagnie de SFR » concluent Les Echos.

La vengeance est un plat qui se mange froid…

En effet, Bouygues pourrait ainsi échapper aux pénalités que lui promet déjà le PDG de SFR et se rapprocher du groupe Orange dans le cadre d’un accord de mutualisation des réseaux 4G. Ainsi Orange et Bouygues détiendraient près de 50% des antennes 4G. Une petite vengeance face au futur ensemble SFR/Numéricable… Quant à Martin Bouygues, cet éventuel accord lui permettrait d’éviter de devoir amorcer des négociations avec Free, et plus particulièrement avec Xavier Niel, son ennemi juré. Même si leurs relations se sont arrangées, Martin Bouygues n’en rate pas une pour tacler le réseau mobile du quatrième entrant.

Affaire à suivre…