Rachat de SFR : Martin Bouygues “évoque” les méthodes “tordues” de Vivendi

Rachat de SFR : Martin Bouygues “évoque” les méthodes “tordues” de Vivendi
 
"Je n’accuse pas… j’évoque. Et je vous laisse juges." Cette phrase de Michel Audiard concerne également la transaction entre SFR et Vivendi et a été prononcée ce week-end par Martin Bouygues qui a du mal à digérer la pilule.
 
Dans une interview au Figaro, Martin Bouygues est donc monté au créneau pour "évoquer" les dessous de l’affaire et du rejet de l’offre de Bouygues par Vivendi concernant le rachat de SFR : 
 
"Des appels d’offres compliqués, tordus, bizarres, j’en ai vu beaucoup. Mais je n’imaginais pas de telles pratiques dans un tel dossier… à Paris de surcroît !" 
 
Univers Freebox, l’avait déjà évoqué dans un article précédent, Martin Bouygues revient sur le changement de position de Vivendi dans l’offre de rachat de SFR. Il confirme ainsi que son groupe a joué le rôle de lièvre pour faire monter les enchères de Numericable :
 
"Jean-René Fourtou m’a convaincu en janvier de m’intéresser à la vente de SFR, en m’assurant de la pertinence et de la faisabilité de l’opération. Pour des raisons qui me sont inconnues, il a totalement changé d’attitude un peu avant le dépôt de notre première offre."
 
Pour lui, du statut de "partenaire" signant un accord de mutualisation quelques semaines plus tôt, son opérateur est passé au statut de "gêneur". Pour lui, dans cette transaction "les anomalies se sont multipliées".
 
Il estime également  "un prétexte pour nous éliminer" en l’argument de ne pas pouvoir aller plus loin dans les transactions à cause du "risque d’un veto par l’Autorité de la Concurrence." Pour Martin Bouygues "il est facile d’instrumentaliser une autorité qui bien sûr ne peut se prononcer officiellement qu’une fois saisi."
 
SFR tombant sur le giron de Numericable, Martin Bouygues a néanmoins refusé de commenter les rumeurs de rapprochements avec un autre opérateur comme Free, estimant que "Bouygues Telecom peut rester seul, car il peut compter sur le groupe Bouygues, qui peut lui fournir des moyens importants pour gagner la rude bataille qui s’annonce." Au programme, deux thématiques  : "réduction des coûts et innovation" seront les ambitions du patron de Bouygues pour sa filiale télécom.