Rachat de SFR : “Xavier Niel a été trop gourmand. Il aurait dû mettre un milliard de plus”

Rachat  de SFR : “Xavier Niel a été trop gourmand. Il aurait dû mettre un milliard de plus”

Interrogé ce matin par Les Echos, le Directeur général de SIA Partners, Matthieu Courtecuisse livre son analyse du rachat de SFR par Numéricable. Selon le jeune patron, Xavier Niel aurait du lui aussi mettre un peu de monnaie sur la balance : pas moins d’un milliard.

La semaine dernière, alors que tout semblait designer Bouygues comme acquéreur de SFR, Free était pourtant annoncé comme le "grand gagnant" de l’affaire. Le groupe de BTP avait en effet promis un prix sur un lot d’antennes et quelques fréquences 2G/3G/4G, que récupèrerai le quatrième opérateur. Maintenant que le deal est annulé, Free passe de grand gagnant, à… grand perdant.

Selon Matthieu Courtecuisse, les défauts structurels de Bouygues ne permettaient pas de s’offrir SFR, à moins que Free n’eût contribué au marché : "Free aurait pu contribuer en proposant plus pour le rachat du réseau de Bouygues Télécom. Xavier Niel a été trop gourmand. Il aurait dû mettre 1 milliard de plus". Pour l’analyste, Free est clairement passé à côté d’une trop belle offre, le mettant maintenant dans une situation difficile : "car achever son réseau ou éventuellement racheter Bouygues Télécom lui coûtera beaucoup plus cher. Free va se retrouver dans une situation plus compliquée dans le mobile comme dans le fixe".

Bouygues aussi aura à affronter cette bévue : "Gérer un tel échec auprès des équipes sera un challenge managérial", écrit Matthieu Courtecuisse, qui nuance aussitôt ses propos : "Mais il ne faut pas voir Bouygues que comme une proie. Bouygues Télécom peut aussi être un prédateur. Cet opérateur accélère sa mutation vers un modèle low-cost. On l’a vu dans le fixe, où ils viennent de casser les prix." L’analyste n’exclut pas non-plus un possible rachat des MVNO par Bouygues : "ceux-ci contrôlent quand même 10 % du marché".

Pendant ce temps chez Bouygues et Free, on relativise, et on revoit ses stratégies.