Jean Ludovic Silicani tire le bilan de l’arrivée de Free Mobile et en évoque tous les bienfaits sur l’emploi, la compétitivité, l’investissement, etc.

Jean Ludovic Silicani tire le bilan de l’arrivée de Free Mobile et en évoque tous les bienfaits sur l’emploi, la compétitivité, l’investissement, etc.
 
Hedwige Chevrillon a reçu ce mercredi Jean-Ludovic Silicani, président de l’Arcep, dans Le Grand Journal, sur BFM Business. Celui-ci a été interrogé notamment sur le bilan qu’il tire de l’arrivée de Free dans le secteur du Mobile
 
Hedwige CHEVRILLON : On sait que pour certains, vous êtes celui qui avez complètement bousculé, secoué, mais dans le sens positif, et puis, pour d’autres, au contraire, c’est vous qui avez semé l’enfer dans ce secteur des télécoms. Beaucoup de questions, d’abord, est-ce que vous n’avez aucun remord, en l’occurrence lorsque vous dites, si c’était à refaire, il faudrait le refaire, il faudrait donner cette licence à FREE. Mais est-ce que, aujourd’hui, vous ne vous dites pas qu’il faut peut-être en modifier un peu les règles du jeu ?
 
Jean-Ludovic SILICANI : je laisse chacun libre de juger, de savoir si un secteur qui a investi 15% de son chiffre d’affaires, huit milliards d’euros – un record historique, jamais atteint dans le passé – un secteur dont le nombre de clients s’est accru de 5% en un an, et un secteur où effectivement les prix ont baissé, ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle dans une situation économique qui n’est pas facile. Quand on dit les prix baissent, ce n’est pas simplement pour les particuliers, mais c’est aussi la baisse des prix des services télécoms pour les entreprises. ça représente quinze milliards d’euros par an, ce que paient les entreprises en matière de télécoms, et le fait que les prix baissent, ça améliore la compétitivité de toutes les entreprises françaises ; donc globalement, un secteur où l’investissement est très important, qui croît en nombre d’abonnés, et où les prix ont pu baisser au bénéfice des particuliers et des entreprises, je trouve que c’est plutôt quelque chose de positif, et donc je ne vois pas pourquoi nous aurions des remords à avoir pris des décisions qui ont conduit à ces résultats. Et ces résultats, ce n’est pas simplement le résultat de l’action du régulateur ou celui de l’ARCEP, ça a été l’action des opérateurs eux-mêmes qui ont atteint ces très bons résultats, et je veux leur donner un coup de chapeau à ORANGE, à SFR, à BOUYGUES TELECOM et à FREE.
 
Hedwige CHEVRILLON : Oui, enfin, à mon avis, ORANGE, SFR et BOUYGUES TELECOM ne vous donnent pas forcément un coup de chapeau ni Arnaud MONTEBOURG…
 
Jean-Ludovic SILICANI : Ah, mais je ne demande pas la réciproque…
 
Hedwige CHEVRILLON : Ni Arnaud MONTEBOURG en l’occurrence, qui dit que, eh bien, le low cost, ça a complètement détruit notamment les investissements, et surtout, les emplois dans ce secteur des télécoms. Il se trompe ?
 
Jean-Ludovic SILICANI : e ne sais pas, moi, je donne des chiffres, après, chacun vérifie ce qu’il veut. L’investissement, c’est les chiffres des opérateurs qui les donnent eux-mêmes, ils ont investi, je l’ai indiqué…
 
Hedwige CHEVRILLON : Et en termes d’emplois, 500.000 emplois détruits…
 
Jean-Ludovic SILICANI : En termes d’emplois, Fleur PELLERIN, ministre chargée du Numérique, a rappelé, il y a une semaine, un chiffre que nous avions d’ailleurs évoqué il y a deux ans déjà, c’est que l’investissement dans les télécoms, la création des nouveaux réseaux fixes, la fibre optique et mobile, la 4G crée, a créé 15 à 20.000 emplois d’ouvriers, de techniciens, d’ingénieurs qui déploient ces réseaux. Voilà où se trouvent les créations d’emplois. Donc ce n’est pas un secteur qui détruit, cette filière numérique ne détruit pas de l’emploi, elle crée de l’emploi. Et des réseaux efficaces permettent à toute l’économie de mieux fonctionner.
 
Donc ça, ça permet à l’économie d’être plus efficace et donc de créer des emplois. Donc ce qu’il faut regarder en termes d’emplois, c’est ce que la filière numérique dans son ensemble crée, et elle crée des emplois. 
 
Le Président de l’ARCEP a ensuite évoqué la mutualisation des réseaux, et l’éventualité de revenir à 3 acteurs dans le secteur du mobile