Mutualisation des réseaux : Free Mobile répond à Bouygues Télécom et souhaite « rétablir quelques vérités »

Mutualisation des réseaux : Free Mobile répond à Bouygues Télécom et souhaite « rétablir quelques vérités »
 
 
Le feuilleton entre Bouygues Télécom et Free Mobile continue. Pour rappel, en novembre dernier, Free a envoyé un courrier à Jean-Yves Charlier et Olivier Roussat, les PDG de SFR et Bouygues Télécom, dans lequel Free Mobile demandait à faire partie de l’accord de mutualisation des réseaux mobiles que les deux opérateurs sont en train d’élaborer. Un courrier auquel Bouygues Télécom a répondu le 6 janvier et que les Echos ont rendu public, le 14 janvier dernier… et auquel Maxime Lombardini a répondu ce 24 janvier. Toute une histoire !
 
« Aucun autre opérateur n’a respecté la totalité de ses obligations »
 
Dans cette lettre, mis en copie au gouvernement et aux régulateurs des télécoms, le directeur général d’Iliad souhaite décrire « la réalité » du déploiement de Free Mobile « et rétablir quelques vérités. Oui, nous allons respecter nos obligations de couverture et l’ARCEP nous suit de près. Nous sommes depuis dix ans l’opérateur français qui investit le plus, par rapport à son chiffre d’affaires. Et cette lettre est également l’occasion de rappeler qu’aucun des autres opérateurs n’a respecté la totalité de ses obligations initiales de couverture 3G ».
 
Bouygues Télécom « n’est pas très coopératif »
 
Si Bouygues Télécom se vantait d’avoir mis à disposition de Free, un parc de 6700 sites pour déployer ses antennes, Maxime Lombardini répond que l’opérateur ne pouvait pas lui proposer des sites qui ne lui appartienne pas. « Vous avez vendu une partie de vos pylônes à TDF, puis le parc résiduel à FPS, et vous n’êtes quasiment jamais propriétaire des toits terrasses en zone urbaine », donc votre société « n’a aucunement la capacité d’imposer à un bailleur tiers l’accueil d’équipements Free Mobile ».
 
Par ailleurs, Maxime Lombardini explique que Bouygues Télécom « n’est pas très coopératif, quand il s’agit de déplacer de 10 centimètres leur antenne sur un toit terrasse pour nous faire de la place ».
 
 
En matière de déploiement, Free Mobile n’a aucune leçon à recevoir des autres opérateurs. A la question, comment Free peut-il couvrir 75 % de la population avec seulement 4.500 stations ? Maxime Lombardini répond que « le chiffre de 4.500 est cohérent avec les déploiements observés chez nos concurrents. Bouygues Telecom couvre en effet 98 % de la population en 3G avec seulement 10.500 points hauts ; or c’est le dernier quart de la population qui nécessite le plus d’antennes… De plus, nous utilisons systématiquement les fréquences 900 MHz, qui sont plus efficaces que les fréquences hautes utilisées par nos concurrents à leurs débuts ».
 
« La mutualisation peut déséquilibrer le marché si elle laisse un acteur de côté »
 
Concernant le projet de mutualisation des réseaux entre SFR et Bouygues, qui prévoit l’élaboration d’un réseau unique sur une partie du territoire (hors zones denses). Maxime Lombardini explique que l’opérateur a reçu « des réponses d’attente, coordonnées, aimables mais fermées. Le fait que ces deux opérateurs cherchent à mettre en commun leurs réseaux, pour ce que nous en savons, sur 80 à 90% du territoire n’est pas neutre. C’est la fin de la concurrence par les infrastructures et une forme d’itinérance qui ne dit pas son nom. Nous ne voulons pas gêner Bouygues et SFR dans leurs discussions, mais nous ne voulons pas non plus être exclus pour de mauvaises raisons. La mutualisation peut déséquilibrer le marché si elle laisse un acteur de côté ».
 
Source : Les Echos