L’UFC estime que les prix en roaming en Europe sont trop élevés

L’UFC estime que les prix en roaming en Europe sont trop élevés

PCInpact revient sur le sujet du roaming mobile en Europe. Edouard Barreiro, porte parole et chargé des questions TIC au sein de l’association UFC Que choisir a accordé une interview au site d’actualité. Même si l’Europe a annoncé des réductions importantes des prix sur les services émis du réseau d’un opérateur mobile d’un Etat-membre vers celui d’un opérateur d’un autre Etat-membre, la stratégie avancée par Bruxelles ne satisfait pas l’association de consommateurs.

 
En effet l’association estime que les prix proposés (d’ici 2 ans : 19 centimes par minute maximum pour appeler, 5 centimes par minute pour recevoir un appel et 6 centimes pour envoyer un SMS) sont trop élevés. Et pour cause, l’association aspire à un marché européen des télécommunications c’est-à-dire la fin de tarifs différenciés en fonction des frontières. «Cette solution permet non seulement d’écraser les prix en itinérance mais aussi les prix nationaux dans les pays moins compétitifs que la France. C’est pour cela que nous étions contre ce que l’on appelle la réforme structurelle » a argumenté Edouard Barreiro.

 
A partir de juillet prochain, les appels à l’étranger seront un peu plus abordables. La commission européenne et le parlement européen sont parvenu mercredi à trouver un accord sur la tarification du roaming en Europe afin de mettre en place une solution à long terme avec des prix plus bas notamment pour l’internet mobile. Le texte devrait entrer en vigueur cet été. Dès juillet, les appels reçus hors du pays d’origine seront facturés au maximum 8 cents par minute alors qu’ils sont actuellement de 11 cents HT. Les appels émis en itinérance au sein de l’UE seront tarifés au maximum 29 cents par minutes contre 35 actuellement. En 2014, ces tarifs devraient encore être baissés d’un bon tiers. A terme, l’idée est de faire disparaitre toute forme de roaming. Mais en attendant,le marché national est toujours séparé du marché de l’itinérance.

 
Mais pour le chargé des questions TIC, la solution structurelle envisagée par Bruxelles est compliquée. S’il sera possible de s’abonner à une offre roaming d’un opérateur d’un autre pays, ceci tout en gardant son numéro, cela implique des difficultés pour le consommateur en terme de transparence des offres et une mise en place très coûteuse et très complexe pour les opérateurs. « Il y a une forte incompatibilité entre un remède structurel et des tarifs bas, puisque compte tenu des investissements nécessaires, l’entrée ne doit être profitable compte tenu des investissements nécessaires pour ce découplage. Ce qui explique d’ailleurs que les plafonds votés soient beaucoup plus élevés que ceux défendus par l’association mais aussi la « rapporteur » du texte Angelika NIEBLER » ajoute Edouard Barreiro.

 
Au final, la séparation des marchés (marché national et marché de l’itinérance) avantage les gros opérateurs. Edouard Barreiro explique que « la séparation de ces marchés pourrait favoriser les gros opérateurs présents dans plusieurs pays (Orange, Deutsche Telekom, Vodafone, etc.). Ils pourront, en effet, proposer des tarifs relativement « attractifs » – mais bien plus élevé que les tarifs nationaux – d’itinérance à partir de plusieurs destinations au moyen d’un même contrat. Ce n’est pas tout, ils seront aussi en mesure, comme c’est le cas aujourd’hui, de négocier entre eux des accords de gros plus favorables, car sur de plus gros volumes. Cette « coopération » leur permettra d’assoir leur domination ».

 
Déjà, Orange s’est lancé dans l’aventure avec une offre de roaming qui combine voix données et SMS dans un forfait utilisable dans toute l’union européenne. En France, par exemple, les clients pourront acheter un forfait comprenant 10 minutes de voix, 10 SMS et 10 Mo de données pour environ 4 à 5€ (par jour, avec le forfait UE) à partir de juin.