Tous les moyens sont bons pour discréditer Free Mobile ?

Tous les moyens sont bons pour discréditer Free Mobile ?
Le Canard Enchainé consacre dans son édition de cette semaine un sujet à Free Mobile et aux réactions des autres opérateurs. « Tous les moyens sont bons pour discréditer le petit nouveau, jusqu’à l’accuser de mettre l’emploi en péril, en rognant sur les marges des opérateurs. La guerre ne fait que commencer, et c’est le consommateur qui désignera le gagnant de cette peu aimable compétition » explique le journal. 
 
Les accusations autour du réseau de Free Mobile seraient un des moyens utilisés par les opérateurs en place pour ternir l’image de Free Mobile selon le Canard. « Free a ouvert la guerre des prix, et ses concurrents n’entendent pas se laisser détrousser sans réagir. Le marché de la téléphonie mobile en France représente plus de 20 milliards d’euros. De quoi financer quelques contre-attaques d’envergure »
 
Xavier Niel n’a pas dit autre chose mercredi lors de son audition devant les députés. Ce dernier rappelait qu’il y a à peine quelques mois, on pouvait lire des rumeurs indiquant que Free Mobile n’avait posé aucune antenne. L’avenir aura prouvé le contraire. Il y a quelques jours, une photo créait la polémique en laissant entendre que Free Mobile utilisait des Freebox V5 dans ses installations. Une information encore démentie par PC Inpact.
 
Les syndicats des opérateurs historiques passent eux aussi à l’attaque, en ayant demandé une procédure d’enquête à l’ARCEP pour vérifier l’activation du réseau Free Mobile. « L’Arcep a mesuré une couverture à un instant donné avant l’ouverture du réseau. Elle doit à présent vérifier l’écoulement du trafic après l’ouverture. Or, selon nos mesures, Free est loin d’assurer l’obligation de couverture. Son réseau n’est pas dimensionné pour faire face à une utilisation commerciale. » justifie Sébastien Crozier, président de la CFE-CGC/Unsa à Challenges.
 
Xavier Niel a répondu hier que l’objectif de Free était de disposer de son réseau propre le plus rapidement possible, même avant la date que l’ARCEP lui a imposé. Il n’y a que dans ces conditions que Free mobile gagnera de l’argent. Et de rappeler que l’accord d’itinérance coûte chère à Free (1 à 1,5 milliards d’euros durant la période). Actuellement, a dit Xavier Niel, Free Mobile dispose de plus de 1000 antennes et espère arriver rapidement à 7000.
 
Le fondateur de Free a également nié les conséquences sur l’investissement puisque c’est justement lui qui consacre la plus grosse part de son chiffre d’affaires au déploiement de son réseau. Et il donne quelques chiffres : France Télécom réinvestit 13% de son chiffres d’affaires, SFR 12%, Bouygues Télécom 6% et Free 37%. Pour la fibre, en valeur absolue, et toujours selon des chiffres officiels cités par Xavier Niel, Free a investi 216 millions en 2010, France Télécom 120 millions, et SFR 80 millions.
 
Sébastien Crozier dénonce également les conséquences supposées sur l’emploi. « Nous sommes le syndicat de l’emploi, pas celui des consommateurs. Nous sommes inquiets des conséquences sociales si Free mobile échoue, si la rentabilité attendue n’est pas au rendez-vous. Free, mieux valorisé par le marché que ses concurrents, pourra revendre l’activité une fois les clients capturés. Ce sera alors au successeur d’assumer les investissements nécessaires pour rendre le service promis… et l’augmentation des prix. »
 
La encore, Xavier Niel a démenti hier ces accusations concernant les pertes d’emplois, précisant qu’au contraire, depuis l’annonce de Free Mobile, les opérateurs historiques avaient embauché alors que l’emploi était en recul dans les télécoms depuis les années 2000. Par ailleurs, proportionnellement à son chiffre d’affaires, Free a plus d’employés que Bouygues Télécom, toujours selon les propos de Xavier Niel.