Fort de ses 300 millions d’abonnés dans le monde, Orange veut devenir bien plus qu’un opérateur télécom grâce à la “plateformisation”

Fort de ses 300 millions d’abonnés dans le monde, Orange veut devenir bien plus qu’un opérateur télécom grâce à la “plateformisation”

Avec la plateformisation, Orange affiche donc une ambition claire : devenir un intégrateur numérique mondial, capable de fournir à la demande des solutions sécurisées, agiles et évolutives, bien au-delà du seul rôle d’opérateur télécom.

Orange assume désormais clairement sa trajectoire stratégique : devenir bien plus qu’un simple opérateur télécom. À travers la plateformisation, le groupe entend transformer ses réseaux, ses services et ses outils internes en plateformes numériques communes, capables d’accélérer l’innovation, de réduire les coûts et d’améliorer l’expérience client, à l’échelle mondiale.

Contrairement à une simple évolution technologique, Orange a insisté sur la portée structurelle d’un tel changement lors de l’Orange OpenTech. « La plateformisation (platforming) n’est pas qu’une stratégie technique, c’est une philosophie de création de valeur », explique le groupe. L’objectif est de sortir d’une logique d’outils cloisonnés pour bâtir un écosystème partagé, réutilisable et évolutif. Avec 300 millions de clients dans le monde, Orange estime disposer d’un levier unique pour faire de la plateformisation un moteur de croissance durable. Le groupe veut un cadre de développement unifié pour l’ensemble de ses services, capable de reproduire rapidement les succès d’un pays à l’autre.

Une base commune pour aller plus vite

Concrètement, la plateformisation consiste à standardiser les capacités de base, facturation, identification, données, sécurité, cloud, IA, afin que les équipes n’aient plus à « faire et refaire ». Ces briques communes peuvent ensuite être enrichies et adaptées à différents usages. Orange résume ainsi l’ambition : construire « des plateformes évolutives qui relient les partenaires, les services et les utilisateurs afin de stimuler l’innovation et la croissance ». Cette approche permettrait de réduire les frictions techniques, d’accélérer les déploiements et de maintenir un haut niveau de qualité sur l’ensemble des marchés.

Cette logique est d’autant plus stratégique pour un groupe présent dans 25 pays. Philippe Lucas, vice-président exécutif Partnerships & Devices chez Orange, l’explique très clairement : « Orange est présent dans vingt-cinq pays, et nous faisons tout différemment dans chaque pays. La plateformisation nous aidera à développer des solutions une seule fois, à les exploiter partout, mais aussi à prendre en compte les spécificités locales. »

Un exemple concret est mis en avant : Max it, une « super-app » déployée en Afrique et au Moyen-Orient, qui regroupe services bancaires, e-commerce, jeux, contenus et gestion des comptes mobiles. Grâce à une couche de base commune, Orange peut y développer des mini-applications localisées « en moins d’une semaine ».

Une réponse à l’accélération technologique

Orange inscrit aussi cette stratégie dans un contexte plus large. Selon le cabinet IDC, cité par l’opérateur, 30 % des services informatiques mondiaux seront fournis sous forme de produits modulaires compatibles avec les plateformes d’ici 2029, sous l’effet combiné du cloud et de l’IA. Pour Orange, la plateformisation devient indispensable face à la disparition des cycles longs de planification. « La planification traditionnelle à long terme est en train de disparaître », souligne le groupe, qui met en avant la nécessité de stratégies plus agiles, capables de s’adapter rapidement aux ruptures technologiques.

Cette transformation touche au cœur du métier des opérateurs. Orange l’assume : la plateformisation est un moyen de passer du statut de fournisseur de connectivité à celui de plateforme numérique génératrice de valeur. Isabelle Casado, Europe Strategy & Transformation Director chez Orange, y voit une évolution naturelle : « La plateformisation est tout à fait logique pour un opérateur télécom en phase d’expansion. Comme nous avons accès au réseau, nous sommes habitués à une supervision de niveau opérateur, nous savons comment gérer les données et la sécurité et nous avons la confiance de nos clients. »

Cette mutualisation à grande échelle est aussi un levier économique. « Nous voulons nous développer pour améliorer notre chiffre d’affaires tout en offrant une expérience client de haut niveau », explique-t-elle, en évoquant la mise en commun des expertises, des actifs et des meilleures pratiques afin de réduire les coûts et renforcer la compétitivité.

Orange mise également sur l’innovation ouverte. Le groupe ouvre certaines de ses briques technologiques à des partenaires externes, notamment via des API télécoms. L’entité Orange LiveNet permet ainsi à des développeurs d’utiliser le réseau Orange comme une plateforme programmable. À terme, les consommateurs pourraient même télécharger des applications directement sur leur box, « comme ils le font sur leur smartphone », par exemple pour des services de cybersécurité : « Les clients sont de plus en plus exigeants en termes de qualité parfaite des services, de produits intégrant l’IA et d’expériences numériques innovantes et à la pointe de la technologie. »

Cet article a été repris sur le site Univers FreeBox