L’avenir de la télévision par ADSL est en train de se jouer

L’avenir de la télévision par ADSL est en train de se jouer

Aujourd’hui, il y a 2 types de mesures d’audience : Médiamat et MediaCabSat. Le premier mesure l’audience minute par minute des grandes chaînes nationales, que ce soit par satellite, par la TNT, le Câble ou l’ADSL. Le second mesure l’audience sur 6 mois, de toutes les chaînes (y compris les thématiques) mais uniquement sur le câble et sur Canalsat (que ce soit par satellite ou sur l’ADSL).

Une chose saute directement aux yeux : l’audience des chaînes thématiques diffusées uniquement sur ADSL n’est absolument pas prise en compte. Plus généralement, c’est la totalité de l’audience des chaînes thématiques réalisée sur l’ADSL qui n’est pas comptabilisée. Une hérésie quand on sait que le France compte entre 4,5 millions (Médiamétrie) et 6,3 millions (ARCEP) de foyers qui ont accès à la télévision par ADSL, soit autant que Canalsat. Les données sont ainsi totalement faussées.

 

Sans mesure d’audience, pas de développement possible des chaînes diffusées sur l’ADSL

La conséquence directe est que si l’audience n’est pas mesurée, les annonceurs n’investissent pas sur les chaînes diffusées uniquement sur ADSL. Le modèle économique de ces chaines n’est donc pas viable et Nolife en est le parfait exemple. Nous vous relations hier le projet de la chaîne de passer en option payante puisqu’il n’y a pas assez de publicités diffusées à, l’antenne pour financer la chaîne. Et pourtant l’audience est là, mais les mesures d’audience de Médiamétrie sont la seule référence pour les annonceurs.

Au delà de brider le développement des chaînes sur ADSL, cette situation n’incite pas non plus les chaînes en exclusivité sur Canalsat à rejoindre les bouquets ADSL. Pour obtenir l’exclusivité d’une chaîne, Canalsat lui verse une redevance annuelle. Le reste des recettes de la chaîne est constitué principalement des revenus publicitaires. Or, que la chaîne soit diffusée uniquement sur Canalsat ou chez tous les opérateurs ADSL, n’augmentera en rien ses revenus publicitaires, puisque l’audience sur l’ADSL n’est pas mesurée et ne peut donc être monétisée.

Nul doute que si les revenus publicitaires issus de l’ADSL égalaient voir dépassaient la redevance annuelle versée par Canalsat pour l’exclusivité, plusieurs chaînes choisiraient de ne pas renouveler l’accord d’exclusivité conclu avec Canalsat pour pouvoir être diffusées sur tous les supports, en premier lieu desquels l’ADSL

Médiamétrie veut changer les choses mais se heurte à des oppositions

Le 11 juin dernier, Médiamétrie a présenté un projet qui prévoit d’intégrer les 4,5 millions de foyers qui reçoivent les chaînes payantes par une offre ADSL d’Orange, SFR ou Free, ainsi que le rapporte Le Figaro. Cela va élargir considérablement le nombre de foyers mesurés. «L’ADSL fait clairement partie de l’offre élargie de la télévision payante», explique Benoît Cassaigne, directeur des mesures d’audience chez Médiamétrie

Si cette proposition satisfait pleinement les chaînes non exclusives diffusées sur toutes les plateformes, y compris l’ADSL, les chaînes en exclusivité sur Canalsat s’y opposent. En effet, l’arrivée de l’ADSL dans la mesure va mécaniquement diluer l’audience des secondes, et donc diminuer leurs revenus publicitaires.
L’assemblée générale de l’association des chaînes thématiques qui se tiendra le 9 juillet prochain se penchera sur la proposition de Médiamétrie.

Au-delà de l’audience, c’est donc la totalité du paysage audiovisuel français qui risque de se redessiner si l’ADSL est prise en compte dans les mesures.